Voyez le savant mémoire de M. l’abbé Nioré
dans les Mémoires de la Société académique d’ Agriculture, des Sciences, Arts et Belles-Lettres du département de l'Aube, 189 7, t. LXI, p. 145-170. — Nous tenons à remercier ici M. de Mély, qui a bien voulu appeler notre attention sur les vitraux d’Ervy et sur la substantielle monographie de M. l’abbé Nioré.
LA FRANCE
qu'un) est un brave maître provincial, peu familiarisé encore avec les ressources que la Renaissance italienne a mises au service de l’art : liberté et éclat de la mise en scène, distinction des figures (ses personnages sont archaïques et empêtrés), mimique expressive, etc., etc. 11 semble même qu’il ne connaisse le poème de Pétrarque que par ouï-dire : du moins il en prend à son aise et n’hésite pas à inventer de toutes pièces symboles et emblèmes
Vitraux de l’église d'Ervy.
inconnus au chantre de Laure. C’est ainsi qu’il donne pour attelage au char de Cupidon une colombe et un chien aux ailes d’or; Cupidon lui-même est nu; sa tête est couronnée de fleurs blanches; une banderole flotte à côté avec l’inscription: « Manifesta suntautem opéra carnis» (Épître aux Galates, v. 19); ses ailes sont de flamme; de la droite, il tient trois flèches à la fois; deux autres sont fichées en terre près de lui. Vénus, privée de toute parure, se tient à côté du char, dont les roues broient des victimes appartenant à toutes les classes : un empereur, un roi, un évêque, un moine, un bourgeois. Une inscription tracée sur une banderole dégage la moralité de la scène : « Spiritu ambulate et desideria carnis non perficietis » (même épître, v. 16). Saint Paul appelé à la rescousse de Pétrarque : voilà certes une idée peu banale! Pour