CHAPITRE VI
guerriers sont rélégués au fond. Dans l’encadrement de l’avant-dernière miniature, consacrée au Temps, il faut signaler de jolis « putti » en grisaille. La Divinité est symbolisée par la Trinité, assise dans une gloire — avec le Saint-Esprit représenté par une colombe, — au milieu de chœurs d’anges. L’enlumineur s’est efforcé de renouveler la mise en scène en développant
le paysage; il est impossible de nier qu’il n’ait réussi par cet artifice à donner une certaine grandeur, par exemple au Triomphe de la Divinité (gravé
La plus indépendante de ces interprétations est celle du manuscrit n° S94 (ancien fonds français, n° 7079) : les «Triomphes, translatez à Rouen du vulgaire ytalien en françoys 1 » .
Ses miniatures nous captivent par l’originalité de la mise en scène, sinon par la distinction du style (les physionomies sont molles et monotones , sans la moindre vivacité). Chaque Triomphe est divisé en deux tableaux se faisant face. L’action se trouve ainsi dédoublée :
la première composition représente d’ordinaire un combat, la seconde un triomphe.
Les deux premières miniatures nous offrent, d’une part, l’écu de France, de l’autre 1’ « Acteur » (c’est-à-dire Pétrarque), dormant, dans un verger ; puis le Triomphe de l'Amour , se dirigeant vers le temple de Vénus (voir notre planche hors texte). Après cette entrée en matière commence l’illustration proprement dite de chacun des six chants.
I. A. Vénus, nue, ses longs cheveux dorés lui tombant jusqu’aux pieds, tient une petite torche enflammée, sous le portique d’un temple orné de
i . Paulin Paris, Les Manuscrits de la Bibliothèque du Roi, t. V, p. 1 1 3. — Quelques-unes des miniatures de ce manuscrit sont reproduites dans Les Arts
somptuaires, de Louandre (t. II, pl. 91, 92, p3; texte, t. II, p. 202-203). — Cf. Delisle, Le Cabinet des Manuscrits, t. I, p. 123.
L'otuèteuepte l,t eotituue et Vutuerlèllcnitut eipproiutcc feti tet i ee 'ï\-. Km ■ ,t . i » i et ,i i erpof 1 1 en rs /oit p 1 1 e , 1 1 1 eo 1 1 1 1 n e 1 1 ee n ie 1 1 1 Kimo lutte plu lient*-, eivlèe
' . " . * - ' ‘ lit ' '
/ont eili^eti teinettr ,t coulîiVrei* Ce tien n tu ut me. potu ee cj t ie |t nous'totilln's e.ip.’tef et ti utttv pu eiêrtpr toutes leselxt/ïseim (ê jYnmvieut bien eleritv eu leumepre/èitte (1 nous fetnWe ,pte plus toit enfournons eu litpfliu te et cli/êtirre eque i'ueliie(~î\tuou etel.nte tut lutte ptottrepeop uou--n MUtu',1 [vt.’ lc pîïtiTvcl, uvr itttfc propos c/iumv ol»fo-,/cu (entent
Miniature française du XVI' siècle < Bibliothèque nationale de Paris . Fonds français N? bg/j. )
LA FRANCE
bas-reliefs dans le style Renaissance. Devant la déesse défile 1 Cupido », les yeux bandés, sur un char traîné par quatre chevaux blancs ailés, à savoir « Imprudence, Intempérance, Injustice, Folle Hardiesse ». Près de lui, se montrent : Jupiter, la couronne en tête, les foudres dans la gauche, le sceptre dans la droite; Neptune, également couronné, Pluton et d’autres personnages; à gauche, Jules César, les bras croisés, portant la couronne impériale ; derrière lui, Cléopâtre, Octavien, Néron,
« Lavia», Sabina, Faustina et Anthonius, Déjanire et Héraclès tenant sa massue et couvert de sa peau de lion ; Hélène et Pâris,
Médée et Jason, « Sardanapalus » filant à la quenouille; tout à fait à droite, « Narcissus », se mirant dans l’eau, et « Equo »
(Écho), les mains jointes, à côté de lui ; Amon et Thamar, Judith, tenant en l’air la tête d’Holopherne, Pyrame, Thisbé se perçant la poitrine, Argia, Dalila coupant les cheveux de Samson, Salomon, Porcia, Brutus,
Tristan, Lancelot, « Assuere »,
David et « Bersabée » , Sichem,
« Hanibal » , Hérode , Rachel ,
Lya jetant une tête dans le feu.
Au second plan apparaissent Ariadne et Thésée, Alexandre, « Phereus » et « Denis le tirant». Au-dessus de ces derniers, on voit F «Acteur» parlant à une ombre. Derrière Pluton, se dresse une arcade, du plus joli style Renaissance, soutenue par un pilier portant comme ornements des statues d’Amours ailés. Dans le fond, à droite et à gauche, se développe un charmant paysage, avec des eaux, des bouquets d’arbres, des montagnes.
I. b. Le même char s’avance, suivi de Cléopâtre, Jules César, Hercule, Déjanire, etc. L’Amour, cette fois sans bandeau sur les yeux, dirige une flèche contre « Laure pour Raison », qui vient au-devant de lui, à pied, vêtue de blanc, tenant son bouclier et une colonne ; d’un geste elle arrête le bras de son adversaire. Derrière elle marchent « Honnesteté, Honte, le
LE TRIOMPHE DE LA RENOMMÉE Miniature française du xvi° siècie.
(Bibliothèque Nationale. Fonds français, n° Sqq.)