Cabinet des Estampes. Réserve, Ed, 5, g
2. Léon Palustre, qui a cru découvrir le premier la signification de ces sculptures (en réalité, Didron l’avait reconnue longtemps avant lui, dans les Annales archéologiques), a oublié de nous en donner une description et sa planche est des plus confuses [La Renaissance en France, t. II, p. 294-800).
Nous empruntons à l’excellent ouvrage de MM. Lafon et Marcel, L' Hôtel du Bourgthéroulde (Paris, 1888), la description des six sculptures :
I. Le premier bas-relief, le plus abîmé, nous montre les vestiges de quelques figures et les traces presque invisibles d’un char surmonté d’un dais porté par des colonnes. - — IL La partie supérieure est complètement détruite, mais la partie inférieure subsiste encore ; on y reconnaît fort bien un char traîné par des animaux mutilés, qui paraissent être des chevaux. Dans le coin, à droite, on distingue un homme portant une bannière et entouré d’autres personnages ; dans l’autre coin, à gauche, les restes de deux femmes élégamment vêtues. — III. La Mort est figurée debout, sur un char traîné par des buffles, sous les roues duquel sont écrasés tous les personnages qu’il rencontre. — IV. Le char est attelé de deux éléphants ; sur le devant se tient une figure allégorique de la Mort, dont la tête seule est décharnée ; au sommet, une Renommée ailée embouche
une trompette ornée d’un pennon. Sur le côté et derrière le char, dont le centre est décoré d’une sculpture représentant un homme écrivant sur un pupitre, un cavalier monte un cheval lancé au galop et soutient de la main droite une femme nue, assise en croupe; il foule aux pieds de sa monture un guerrier nu avec son cheval ; une troupe d’hommes, armés de lances et d’épées, précède et suit la Renommée. — V. Un homme à longue barbe est assis sur le devant d’un char couronné d’un dais. Il conduit un attelage de quatre chevaux, que précèdent deux personnages, dont l’un porte sur l’épaule gauche des rameaux chargés de fruits, et dont l’autre est habillé d’une espèce de robe. Sur le côté et derrière le char, on voit deux autres figures ; la première, presque nue, a la tête entourée d’épis de blé en forme de couronne; elle tient d’une main une gerbe d’épis, et de l’autre une faucille (l’Été) ; son compagnon, revêtu d’un costume de cour, brandit de la main droite un abrisseau couvert de feuilles. Des médailles et des anges confusément indiqués se voient dans le fond de ce bas-relief. — VI. Sur le char de la Divinité, trônent, assis sous une sorte de dais, Dieu le père, une tiare sur la tête et tenant un sceptre surmonté d’une fleur de lis, et le Christ, portant une croix sur son épaule ; tous deux soutiennent d’une main les Saints Evangiles, au-dessus desquels est le
LA FRANCE
A Caen, la maison de Cahaignes, rue de Geôle (époque François Ier), conserve encore quatre médaillons se rapportant aux quatre premiers Triomphes. Ce sont des profils d’hommes et de femmes, entourés de légendes en caractères romains, ainsi conçues : « Amor vincit mundum, Pudicitia vincit Amorem, Mors vincit Pudicitiam, Fama vincit Mortem'. »
La maison des Gens d’armes ou manoir de Nollent, construite dans les
environs de Caen par le même architecte que la maison de la rue de Geôle, à savoir Abel Le Prestre, est également ornée de médaillons accompagnés de légendes inspirées par le poème de Pétrarque. Sur le médaillon n° i, près de la grosse tour, une tête de femme, n’ayant pas de tête d’homme pour pendant, tient à la main une fleur, dont elle respire le parfum. Légende :
Saint-Esprit sous la forme d’une colombe. Ce char, traîné par les quatre symboles des Évangélistes, écrase une foule d’hérétiques. Immédiatement derrière lui, marchent un pape et un cardinal. Dans le fond de la composition, on voit un grand nombre de personnages, parmi lesquels on distingue un évêque
coiffé d’une mitre, la croix à la main, et des anges qui, rangés à droite et à gauche du dais, encensent la Trinité.
i. Palustre, La Renaissance en France , t. II, p. 225-226. — De Beaurepaire : Le Bulletin monumental, t. XLVII, iSS i , p. 835 et suiv.