‹ PétrarqueChapitre 24 sur 252 · Livre I, dialogue cxvm · texte numérisé non relu

Livre I, dialogue cxvm

« præter unum Panthéon Agrippæ, quod diis erectum, sancti possedunt, et Maria quæ antiquissimam illam domum sui nominis virtute sustentât. »

Il était difficile, en effet, qu'en plein moyen-âge, un certain nombre de récits légendaires, plus ou moins empruntés aux Mirabilia urbis Romœ, ne se glissassent pas dans les essais de l'apprenti topographe. Parmi eux figure la légende de la Veuve demandant justice à Trajan pour le meurtre de son fils :

Nec minus admirans romani frena tenentem Principis accipies viduam, natique perempti Poscere vindictam, etc. !.

Tous ces élans trouvent leur suprême et plus sublime formule dans l’incomparable « canzone » : « Spirto gentil », adressée, tout semble l’indiquer, à Cola di Rienzo. La plume de l’ancêtre des humanistes frissonne en envisageant ces murs qui font encore tressaillir et pâmer l’univers :

L’antiche mura, ch’ancor terne ed ama E trenra ’l mondo quando si rimembra Del tempo andato...

Avec les reconstitutions, mi-poétiques, mi-archéologiques, alternaient les protestations contre le vandalisme.

Dans sa lettre à Rienzi (1347), Pétrarque flétrit avec la dernière énergie les spoliateurs de la Ville Éternelle1 2. Dès lors, en effet, les étrangers, entre autres les Napolitains, recherchaient les débris des ruines romaines, les fragments d’architecture de toute sorte, les statues. Nos sociétés modernes pour la protection des monuments de l’art ou de l’histoire peuvent se réclamer, on le voit, d’un illustre ancêtre.

1. Poemata minora, éd. Rossetti, t. III, p. 18-20; cf. p. 233-234. — Cf. la Revue des Traditions populaires de 1892 : La Légende de Trajan.

2. « ... Nec pudor apud gentes vulgandi facinoris, aut infelicis patriæ miseratio pietasque continuit, quo minus post impie spoliata Dei templa, occupatas arces, opes publicas, regiones urbis, atque honores magistratuum inter se divisos, qua una in re turbulenti ac seditiosi homines et totius reliquæ vitre consiliis ac ratione discordes inhumani fœderis stupenda societate convenerant, in pontes et mœnia, atque immeritos lapides desævirent. Denique post vi vel senio collapsa palatia, quæ quondam ingentes tenuerunt viri, post diruptos arcus triumpha!es, unde

majores horum forsitan corruerunt, de ipsius vetustatis acpropriæ impietatis fragminibus vilem quæstum turpi mercimonio captare non puduit. Itaque nunc heu dolor ! heu scelus indignum ! de vestris marmoreis columnis, de liminibus templorum, ad quæ nuper ex toto orbe concursus devotissimus fiebat, de imaginibus sepulcrorum, sub quibus patrum vestrorum venerabilis cinis erat, ut reliqua sileam, desidiosa Neapolis adornatur. Sic paulatim ruinæ ipsæ deficiunt, ingens testimonium magnitudinis antiquorum. » [Ep. famil.y ép. xlviu; éd. Fracassetti, t. III, p. 427-428. — Cf. D’Azeglio, Dei Danni che le anliche e moderne Conquis te recarono aile belle arti,

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