Carmina , livre I, ép. 5. Voyez ci-après
4. Epistolœ de Rebus familiaribus, éd. Fracassetti ; Florence, 1859-1863, livre X, ép. 3. — Nous empruntons la traduction de ce passage à M. Victor Develay : Pétrarque. Lettres à son frère, t. I, p. 7-8.
début. Une fois, il leur reproche de confondre le costume des deux sexes :
. habitum confudit gallicus olim
Luxus et ambigui texit vestigia sexus'.
Une autre fois, dans une lettre, écrite en 1 366 ou i36y, il félicite un ami : « Quod monstruosæ vestis seque in dies transformantium habituum ludibrio liberatus [est] »
Ailleurs encore, s’adressant au pape Urbain V, il tourne en dérision les souliers cornus, les coiffures à ailerons, les chevelures en queue, les épingles à cheveux en ivoire, jadis réservées aux femmes et qui sillonnent maintenant le front des hommes, les ressorts comprimant l’abdomen 3.
D'une manière générale, et à part cette débauche juvénile, le luxe n’a pas compté d’adversaire plus résolu que Pétrarque; il l’a combattu sans relâche, sous ses formes les plus diverses : table, mobilier, constructions, tout comme costume. Mais autre chose est le luxe, autre chose l’art.
Nous revenons à celui-ci pour rechercher si Pétrarque, qui était un musicien consommé (il cultivait le chant et jouait du luth à la perfection), n’aurait pas eu par hasard quelque teinture du dessin, comme jadis Dante4. La négative a été soutenue par M. Henry Cochin5, l’affirmative par M. de Nolhac1’. Celui-ci attribue, entre autres, à Pétrarque, un croquis représentant le rocher au pied duquel surgit la Sorgue7. Cette vue, d’après lui, aurait été faite en Italie, de souvenir. Le seul édifice que l’on y aperçoive est le petit ermitage de saint Victor, autrefois juché au sommet du rocher et qui a depuis longtemps disparu.
Ni ce croquis, ni un autre, qui se trouve sur un autre feuillet du même manuscrit et qui représente une église8, ne sont de nature à nous
x. Épi très métriques, livre III, ép. 3.
2. Epistolcti seniles, livre VIII, ép. 7; p. 841 de l’édition de i58i.
3. « Audiebani ci rca habituum honestatem multam te curam multumque studium impendere, laudabam. Nam qui s oculus pati potest hæc ludibria, quæ nostra ætas infcelix sibi finxit, dum formosa vult videri, manibus se deformans suis, acturpissime dehonestans. Quæ stomachum monstra hæc conspecta non quatiant, cornuti calcei, pennati vertices, caudata cæsaries et in tricam torta ! Front.es virorum muliebriter discriminali eburneo sulcatæ, lasciviosa vestis verecundiæ inimica," ventres astricti fidiculis et afflicti, pro vanitate patientibus miseris, quod beati olim pro veritate passi sunt. Ad hæc
curva juvenum terga cernuique superboram vultus, et acclives humeri, compulsaque viscera sub pectoraux specubus habitare. » [Epistolce seniles, livre VII, ép. 1 ; éd. de 1 58 1 , p. 812.)
4. Dante raconte lui-même, dans la Vita nuova, que, le jour anniversaire de la mort de Beatrix, il dessina un ange. « In quel giorno... disegnava un angelo sopra certe tavolette, e mentre io’l disegnava, volsi gli occhi ». (Ch. 35.) Cf. Kraus, Dante, p. 538.