Zardo, Il Petrarca e i Carraresi , p
assis au-dessus du vestibule, à la droite du doge, eut tout le loisir nécessaire pour étudier de près ces superbes productions de la statuaire classique'.
La basilique de Saint-Marc, également, le transporta d’admiration3.
De même que les Visconti, les Carrare, seigneurs de Padoue, unissaient l’élasticité de la conscience et le dédain des scrupules, du moins en matière de politique, à un amour sincère, désintéressé, profond, pour les lettres et les arts.
Us furent pour Pétrarque des amis plus encore que des protecteurs.
Jacques de Carrare (t i35o), à qui Pétrarque a rendu un si touchant hommage dans sa Lettre à la postérité , s’était assuré le pouvoir par un crime (l’assassinat de son parent Marsilietto), mais il s’efforça de faire oublier cette tache originelle par la douceur de son gouvernement et par sa libéralité. Une année à peine après l’arrivée de Pétrarque (celui-ci s’établit à Padoue en ;34g, non en
t347, comme on l’a cru), Jacques, à son tour, tomba sous le poignard de conspirateurs. Pétrarque s’empressa de quitter le théâtre de tant de crimes, et bien que le fils et successeur du défunt, François de Carrare, mît sa gloire à remplacer son père auprès de son illustre conseiller, il ne se décida qu’en 1 358 à retourner à Padoue.
1. « Jam Dux ipse, cum immenso procerum comitatu, frontem templi supra vestibulum occuparat, unde marmoreo e suggestu essent cuncta sub pedibus ; locus est ubi quatuor illi ænei et aurati equi stant antiqui operis ac præclari, quisque ille fuit artificis, ex alto pene vivis adimentes, ac pedibus
obstrepentes.» (Epist. seniles , livre IV, ép. n; p. 783 de l’édition de i58i.)
2. « In basilica beati Marci Evangelistte, qua nulla aut reor usquam pulchrior factum est, quantum fie ri per hominem Deo potest. « (Éd. de i53i, p. 7S2.)