Africa, livre IX, vers 462 et suivants
humilité et toute l’abjection possible'. Mais gardons-nous bien de prendre cette prescription au pied de la lettre : ses objurgations n’empêchèrent pas, en effet, ses héritiers de faire célébrer ses funérailles avec une grande pompe.
Conformément aux intentions du défunt, son gendre Francesco de Brossano lui éleva, sur la place de l’église, le tombeau de marbre rouge qui
s’y dresse de nos jours encore. En iSqy (non en 1667, comme le rapporte l’abbé de Sade"), un buste vint orner la sépulture. Celle-ci, d’ailleurs, eut à subir toutes sortes d’épreuves : en i63o, un fanatique de Pétrarque (quel excès de vénération!) la viola poury dérober, à titre de relique, un bras du squelette3.
Dans notre siècle, le mausolée tombait en ruines; les pierres s’étaient disjointes et des herbes poussaient dans les interstices. En i8q3, le comte Carlo Leoni, de Padoue, le fit convenablement restaurer4.
Il est temps de résumer cette trop longue enquête, si incomplète cependant.
1. « Corpus... terræ... volo restitui : et hoc absque omni pompa, sed cuni summa humilitate et abjectione quanta esse potest... »