CHAPITRE II
lTconographie de Pétrarque et de laure
De même que tant d’artistes s’évertuèrent à interpréter les créations poétiques de Pétrarque, de même plus d’un tint à honneur de perpétuer les traits du grand homme. Une centaine, peutêtre, de peintures, de miniatures, de sculptures, datant des xive, xveetxvie siècles, ont la prétention de le représenter. Jusqu’ici, malheureusement, la critique les a acceptées pêle-mêle ', sans s’apercevoir que, dans les unes, le poète avait le nez aquilin, dans les autres, le nez camus !
Avant de passer en revue ces effigies si contradictoires, nous essaierons, à l’aide des témoignages écrits, de reconstituer la physionomie du chantre de Laure.
La nature avait doté Pétrarque d’une constitution merveilleuse : à peine s’il avait besoin de sommeil; sa sobriété était extrême. Il nous raconte luimême que, dans sa jeunesse, son corps, bien qu’il ne fût pas très robuste, était d’une grande dextérité. « Ma figure, ajoute-t-il, sans être d’une beauté remarquable, pouvait plaire dans la fleur de mon âge. Mon teint était frais,
i. Voyez, entre autres dissertations, le mémoire iconographique. Amiens, 1882. Extr. de l’Investide M. Eugène d’Auriac, Laure et Pétrarque , Étude gateur.