CHAPITRE II
qu’il existait déjà en i367, et qu'il disparut postérieurement à i583. On trouvera en note quelques documents, fort vagues, sur cette peinture.
Mais ne trouverons-nous pas aussi à Padoue, qui servit si longtemps de résidence à Pétrarque, quelques indications sur l’extérieur du poète, sur sa physionomie ?
A priori , l’affirmation ne saurait être douteuse. Nous savons, en effet, grâce à un auteur du commencement du xvh siècle, Marc Antonio Michiel , que la salle des Géants (aujourd’hui bibliothèque), au Palais du Capitaine de Padoue, contenait le portrait de Pétrarque, en compagnie de son ami Lombardo délia Seta, et que la double effigie avait pour auteurs Altichieio de Zevio et Ottaviano Prandino de Brescia. En réalité, ce portrait daterait seulement, d'après M. de Schlosser, du début du xv' siècle; il aurait été intercalé après coup, peut-être du temps de Pisanello.
Le manuscrit de Darmstadt, dont il a été question ci-dessus, contient une copie littérale du portrait de la « Sala dei Giganti », copie, elle aussi, interpolée2. L'expression y est à la fois sentimentale et vieillotte. Aussi un écrivain contemporain des plus distingués, M. Jusserand, a-t-il cru, devant cette effigie trompeuse, avoir affaire à « un de ces fins et malins curés de campagne d’autrefois, le curé qui savait tout et qui faisait la loi au village. La tête, ajoute-t-il, est ronde, les membres forts, le personnage corpulent. Il est rasé, encapuchonné, emmitouflé, confortable. La bouche est grande et les lèvres minces...»
Nous dirons tout à l’heure pour quelles raisons nous refusons de croire à l’authenticité de ce portrait.
L’évêché de Padoue, de son côté, contient un débris de fresque, provenant de la maison habitée, croyait-on, par Pétrarque, près du Dôme de la même ville : on y voit le poète de profil et à mi-corps, les mains jointes, dans l’attitude de la prière, la cape relevée laissant le front découvert3.
con i colori secondo l’imagine sua che è nel castello. » (Dell’ Acqua. Il Palaq^o ducale Visconti in Pavia e Francesco Petrarca ; Pavia, 1874, p. i5-i6.)
1. Notifie d' opéré di disegno, éd. Morelli, p. 3o, 157. Venise, 1800. — Cf. Vasari, éd. Milanesi, t. III, p. 684.