Ein veronesisches Bilderbuch, p
3. Voy. les détails, apud de Nolhac: Pétrarque et l’Humanisme , p. 378-379. — La fresque de Padoue, excessivement estompée et dépourvue de tout caractère, a été publiée en photographie dans le volume : Padova a Francesco Petrarca nel quinto centenario dalla sua morte. (Padoue, 1874.) — Il en existe aussi une gravure, par Mauro Gandolfi
(1774-1834), dans laquelle l’original est attribué à Guariento. — M. Zardo croit à l’authenticité du portrait provenant de la maison de Pétrarque, à Padoue. (Il Petrarca e i Carraresi, p. 73-74.)
L’impartialité nous fait un devoir de reproduire ici un extrait de la lettre que nous a adressée à ce sujet M. le commandeur Moschetti, le savant directeur du Musée civique de Padoue. « Du portrait qui se trouve au palais épiscopal, il est bien difficile de parler, parce que l’unique reproduction au burin qui en a été faite est tout à fait différente de l’original. J’ai voulu, pour votre service, revoir les deux portraits, et j’ai bien constaté la diversité du nez dont vous m’aviez parlé. Mais il faut considérer que, de
Mais en examinant cet ouvrage (attribué à Guariento ), on ne tarde pas à découvrir qu’il a été défiguré par les restaurations et qu’il n’offre pas la moindre analogie avec les documents dont il sera question plus loin. Le nez y est remarquablement court, tandis que, dans les miniatures, il se distingue par des dimensions monumentales. Le reste de la physionomie n’est pas moins en contradiction formelle avec les autres portraits anciens du poète. Dire que la fresque du palais épiscopal de Padoue a été mise en lumière par Marsand, ce n’est pas précisément en augmenter l’autorité, car qui ignore que l’acuité de la critique n’était pas le fort de cet érudit !
D’autre part , les innombrables tableaux, miniatures, sculptures, qui passent pour repré- .
senter Pétrarque, offrent entre eux des divergences à nous faire désespérer de jamais connaître son véritable visage. Ils ne s’accordent que sur deux points : à nous le montrer imberbe et coiffé du capuchon monacal.
Si nous voulions passer en revue toutes ces effigies, nous aurions fort à faire; bien plus, nous risquerions, devant tant de témoignages contradictoires , de poète.
PRETENDU PORTRAIT DE PETRARQUE (Miniature du manuscrit de Darmstadt reproduisant la fresque du Palais des Capitaines, à Padoue.)
perdre de vue la véritable image du
Il nous a paru préférable, au lieu de nous perdre dans des détours, d’aller droit au but et de nous attacher à deux ou trois portraits d’une authenticité indiscutable. A l’aide de ces documents, qui sont les plus vieux
l'un à l’autre, il y a une très grande différence d’âge, car dans le portrait du palais épiscopal on voit un homme frais et rond, dans la fleur de l’âge; dans l’autre, nous avons un vieillard presque desséché, dont la peau laisse deviner toutes les saillies des os. Il est donc bien aisé d’expliquer ces différences des parties plus prononcées du visage, pendant qu’on
voit de très claires ressemblances dans la courbe du front et surtout dans les lignes et la couleur des yeux. Ajoutez aussi que la tradition qui fait de cette peinture du, palais épiscopal le portrait de Pétrarque est très sûre et très ancienne, et que M. de Nolhac n’en a point du tout douté. »
Grâces en soient rendues à M. de Nolhac : en attirant l’attention sur une miniature d'un manuscrit du De Viris illuslribus, conservé à la Bibliothèque Nationale (fonds latin, n° 6o6gF), il a découvert la piste véritable.
Ce beau portrait, de profil et en buste, lavé à l’encre de Chine et relevé de quelques légères touches de cinabre, nous montre une physionomie à la
fois investigatrice et méditative. Le regard est perçant; le nez aquilin, un peu pointu; les lèvres sont serrées; quant au menton, assez développé, il exprime la volonté. La sévérité du costume monacal ne contribue pas à adoucir les traits. Selon toute apparence, nous avons devant nous un quinquagénaire. Nous sommes loin, on le voit, de l'adolescent qui se faisait remarquer par son élégance aux universités de Montpellier et de Bologne; loin aussi du mélancolique chantre de Laure. Cependant, malgré le sérieux qui caractérise l’ensemble, il y perce une bonté, une chaleur, qui lui conquièrent immédiatement toutes nos sympathies.
Comme l’exemplaire du De Viris illustribus de la Bibliothèque Nationale a été achevé de transcrire à Padoue, en 1 37g, quatre ans et demi après la mort de Pétrarque, par son ami Lombardo délia Seta, le portrait qui l’orne présente, on le reconnaîtra, tous les caractères de l'authenticité.
Celle-ci devient plus manifeste encore en présence de deux portraits inconnus de M. de Nolhac : l’un — une miniature — qui se trouve à la Bibliothèque Vaticane; le second — un tableau — qui fait partie du musée Calvet, à Avignon.
Dans le portrait de la Vaticane (n° 3ig8), qui a été mis en lumière par le R. P. Cozza Luzi1, l’amant de Laure a le nez plus aquilin encore et l’expression plus dure, plus hautaine que dans le portrait de la Bibliothèque