Ârchivio storico dell’ Arte, 1895, p
PORTRAIT DE PÉTRARQUE (Bibliothèque Nationale, fonds latin, n° 6of>qF.i
Nationale; mais l’identité des deux effigies n’est pas contestable. Le profil est resté le même, mais l’âme en a disparu. C’est un pédant, non un poète que nous avons devant nous.
De l’une ou de l'autre de ces miniatures procède un petit tableau à l’huile, sur panneau, du xvi" siècle, conservé au musée d’Avignon (n° 446). On y relève le même nez aquilin et un menton plus proéminent encore ; seule l’expression de la bouche est cherchée et affadie. Sur le capuchon brun qui recouvre la tête est posée une couronne de laurier.
Citons encore, au Cabinet des Estampes de Paris (volume des portraits de Pétrarque), une gravure ancienne (sans légende), de profil, tournée à gauche, et qui montre le même nez busqué, le même menton haut.
Le portrait de face, exposé au Musée des Offices (Brogi, n° i2o3), n’est pas en contradiction avec les précédents. Si nous en jugeons par la couronne de laurier posée sur le capuchon, nous avons affaire à une de ces adaptations, à un de ces arrangements, si chers au xvi' siècle.
Des portraits de profil, issus de la miniature du De Viris illustribus , rapprochons maintenant, avec M. de Nolhac, le beau portrait de trois quarts, qui orne l’initiale d’un autre manuscrit de la Bibliothèque Nationale, le Liber Rerum memorandarum (fonds latin, n° 6069 T). Le poète s’y montre en buste et de trois quarts, tourné à droite. Quoique le nez y soit sensiblement plus droit que dans les portraits précédents, nous n’hésitons pas à y reconnaître l’image de Pétrarque ; la bouche est petite et pincée ; les yeux sont gris; on a rendu jusqu’aux traces de barbe. Une étoffe verte recouvre le front et est recouverte à son tour par un capuchon brun.
Ce qui ajoute à l’intérêt de ce manuscrit, c’est que, d’après une communication dont nous sommes redevables à l’obligeance de M. Léon Dorez, il est enrichi de notes autographes de Pétrarque : il a donc été exécuté de