CHAPITRE II
son vivant et sous sa direction. Nous ajouterons qu'il était destiné à son ami Galéaz II Visconti, dont il porte les armes, et qu’il a fait partie de la Bibliothèque de Pavie, où il figurait sous le n° 940’. Le frontispice, où se trouve l’initiale en question, est orné de rinceaux et d’animaux plus ou moins fantastiques, au milieu desquels se trouvent cinq personnages assis, lisant, écrivant ou méditant, des historiens ou des philosophes. La facture en est très libre déjà (gravé p. 70).
En apparence, ce portrait de trois quarts devrait représenter Pétrarque
à un âge moins avancé que celui de profil, puisqu’il a été exécuté du vivant de l’original et que l’autre a pris naissance seulement après sa mort. Mais rien ne prouve que l’effigie du manuscrit n° 6069 F ne reproduise pas un document plus ancien, nous voulons dire une effigie peinte quinze ou vingt années auparavant. Ce qui nous induit à le croire, c’est que Pétrarque y paraît plein de vigueur, tandis que, dans le portrait de trois quarts , il est pâle et amaigri , comme il le devint à la suite des maladies qui signalèrent les deux ou trois dernières années de sa vie*.
En présence de documents si probants, nous n’hésiterons pas à écarter les deux petits bas-reliefs de la «casa Peruzzi», qui ont fait leur apparition au xviii" siècle, et qui nous montrent, en buste, Pétrarque de profil, et Laure de trois quarts, la main droite appuyée sur la poitrine. D’après l’inscription : Simon de senis me fecit svb A. d. McccxLiin1 2 3, nous aurions affaire à un ouvrage de Simone Martini, exécuté en 1344.
Les doutes les plus graves planent sur l’authenticité du marbre si miraculeusement tiré des ténèbres, et tout semble prouver que nous avons