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CHAPITRE III

Outre les grandes peintures murales du palais de Padoue, dont il a été longuement question dans notre premier chapitre, nous avons à mentionner ici les miniatures du manuscrit de la Bibliothèque de Darmstadt (n° ioi), qui passent pour reproduire ou résumer les peintures en question1 2. Ces miniatures, appartenant au début du xve siècle, illustrent avec autant de naïveté que de distinction les événements racontés par Pétrarque, et font défiler, dans le costume d’alors, Alexandre le Grand et les héros de Rome. Malgré quelques réminiscences classiques (voy. p. 46-48), telles que des statues, d’idoles, les sigles S. P. Q. R., ou encore la vue des principaux édifices de la Ville Éternelle, l’inspiration n’a rien d’antique encore.

Rappelons, d’autre part, les deux manuscrits du De Viris , conservés à la Bibliothèque Nationale de Paris (p. 52-53).

A la Bibliothèque de Parme, un exemplaire du même ouvrage (n° 1190; xve siècle) nous offre le portrait de l’auteur; nous voyons ensuite Romulus. et Remus, revêtus de riches armures ; Romulus tenant de la gauche la ville de Rome, etc. Presque toutes les initiales renferment le portrait (en costume du xve siècle) du héros auquel le chapitre est consacré’.

Par contre, dans l’édition du Libro degli Huomini famosi (Vérone, 1476), le cartouche ou la bordure historiée placés au début de chaque biographie et destinés à recevoir le portrait du héros sont restés vides3.

L’ Africa ne semble pas avoir tenté les illustrateurs. Elle abondait cependant en scènes pittoresques, en descriptions de riches palais ou deriches costumes, en personnalités sympathiques. Tout au plus si, à un siècle de là, Andrea Mantegna, en composant les Triomphes de Scipion (à la National Gallery), se sera souvenu du titre du poème de Pétrarque. Quant à Jules Romain, rien ne prouve qu’il s’en soit inspiré lorsqu’il composa les cartons de la fameuse tenture de l 'Histoire de Scipion , dont, de nombreuses répliques ornent les collections publiques ou particulières.

Pour ce qui est de l’histoire de Griselidis, dont plusieurs éditions furent ornées de gravures assez remarquables (Lyon, vers i5oo; Paris, i525, etc.), nous ne nous en occuperons pas ici, et pour cause : cette touchante nouvelle, comme on sait, n’a pas été composée par Pétrarque, mais seulement traduite par lui en latin, d’après le texte de son ami Boccace, à l’actif duquel elle doit être inscrite.

1. Voy. le mémoire de M. de Schlosser : Ein veronesisches Bilderbuch, p. 1 85 et suiv.

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