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Voy., sur cette édition, le Manuel du Libraire de Brunet

L'ILLUSTRATION DU TRAITÉ DES REMÈDES

Il y aurait évidemment beaucoup à glaner encore parmi les gravures ■des différentes éditions de l’œuvre latine de Pétrarque. C’est ainsi que le Secrelo di Francesco Petrarcha , publié à Venise en i520, contient une gravure sur bois représentant cinq poètes couronnés de laurier, debout dans un jardin, avec la signature Zoan Andrea'. Mais notre objectif est de montrer comment chaque génération a compris et illustré les motifs dont les ouvrages de Pétrarque formaient le point de départ, et non de nous attacher à quelques interprétations isolées, propres, tout au plus, à faire connaître la fantaisie, ou mieux la médiocrité, d’un artiste du dixième ■ordre, placé en dehors des grands courants.

Attachons-nous plutôt à un ensemble d’illustrations véritablement imposant, consacrées à un ouvrage que l’on n’aurait pas cru devoir se prêter à une telle abondance d’images. Nous voulons parler du traité De Remediis utriusque Fortunes.

De prime abord, ce livre si populaire, commencé en 1 358, terminé, ce semble, en 1 366, n’a rien qui soit de nature à tenter les illustrateurs.

Pétrarque, si brillant dans ses autres écrits latins, y a adopté la forme d’un dialogue; mais, sur les deux ou trois interlocuteurs, l’un se borne régulièrement à répéter, avec une monotonie désespérante 1 2, sa profession de foi ■ou à affirmer ses goûts, sans entrer dans aucune discussion, sans risquer une seule répartie. (Ces interlocuteurs sont, pour le premier livre, en outre de « Ratio », qui est chargée du rôle de moraliste, « Gaudium » et « Spes » ; pour le second, « Dolor » et « Metus ».)

De fait, longtemps la nudité de ce traité plat, morose, a découragé les ■enlumineurs, et -encore ceux qui font exception appartiennent-ils exclusivement à la France. C’est que, de ce côté-ci des Alpes, la traduction de Nicolas Oresme, dédiée à Charles V, avait de bonne heure valu au De Remediis ses lettres de naturalisation. Peut-être aussi nos artistes se souvinrent-ils du long séjour que le poète avait fait parmi eux.

Quoi qu’il en soit, les premiers enlumineurs se bornèrent à une illustration des plus rudimentaires.

Voici, à la Bibliothèque Nationale (fonds français, n° 5g3), une traduc-

1. Duc de Rivoli, Bibliographie des Livres à figures vénitiens de la fin du XV° siècle et du commencement du XVI* ; Paris, 1892; p. 418. — La gravure est reproduite dans un des catalogues de M. Olschki, n° 1216, p. 567.

2. On jugera de l’uniformité de ces prétendus dialogues par les extraits suivants, empruntés au •ch. xli du premier livre : « Delector statuis. —

Delectant statuæ. — At me statuæ delectant. — Variis delector statuis. — Nobilibus statuis delector. — Artificiose oculos delectant statuæ. — Artificiosæ placent statuæ. — Non delectari statuis non possum. » — Gaspary n’a pas exagéré en déclarant qu’il est impossible de lire le traité d’une manière suivie (Storia délia Letteratura italiana ; Turin, 188-, 1. 1, p. 37g.)

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