CHAPITRE III
Dans une autre miniature (fol. 104), Raison, assise et tenant 1 étemel tableau, se détourne découragée à la vue de tant de misères, personnifiées par Désespérance, Faiblesse, Doute, Pauvreté.
Plus loin (fol. 120 v°), Raison reprend quelque empire sur elle-même,
bien qu’elle soit entourée de personnages peu sympathiques : Infamie, des voisins noiseux, un juge rendant une sentence inique (« de femme espousée adjugée à aultruy »).
Finalement (fol. 1 35 v°), Raison recouvre toute son assurance ; assise sur le trône, elle console « l’ome», qui paraît devant elle, vêtu de deuil.
L’ensemble de la scène, cependant, est des moins récréatifs :
une mère se lamente sur le cadavre de son fils ; à la roue de la Fortune, derrière laquelle se tient Adversité, ne s’accrochent que des malheureux.
Une des plus belles miniatures, et qui offre, ou peu s’en faut, toute l’importance d’un tableau, celle du folio 1 5 1 , nous montre un homme d’un certain âge objurguant Raison, qui n’en peut mais. Sur un des côtés, un malheureux est souinexorable.
Un instant, sur la belle miniature du folio i65, où nous voyons Louis XII, le cardinal d’Amboise, des grands seigneurs, s avançant processionnellement vers Raison, tandis qu’Anne de Bretagne siège entourée de ses enfants et de ses dames, il semble qu’il n’y ait place que pour des idées riantes. Mais bientôt Fortune adverse reprend ses droits. Raison, les mains croisées , se livre au découragement , incapable de consoler 1’ % homme » qui l’implore, tandis que la Mort (un cadavre émacié) le frappe du manche de sa faux; au premier plan, un cadavre étendu, déchiré par un