FRONTISPICE DU «TRAITÉ DES REMEDES
Miniature française du xvi- siècle.
(Bibliothèque Nationale de Paris. Fonds français, n° 224.)
mis à la torture, en présence d'un juge
L’ILLUSTRATION DU TRAITÉ DES REMÈDES
loup, un aigle, un vautour, un lion, une hyène. Au fond, diverses scènes de ■carnage : mort volontaire ; un homme pendu, un autre décapité ; un troisième qu’un squelette transperce d’une lance ; enfin une femme qui meurt, assistée de son époux et entourée de diables. C’est sur cette note lugubre que finit le volume de la Bibliothèque Nationale.
L’illustrateur véritable est celui qui se fait le collaborateur du poète, qui entre dans ses idées, les complète, leur donne plus de clarté et de relief. A ce titre, l’on ne saurait montrer trop d’estime, trop de gratitude, pour le miniaturiste du manuscrit
Nul doute que si ses compositions avaient été gravées, elles n’eussent assuré dans notre pays une véritable vogue au traité de Pétrarque.
Terminons par quelques ■observations techniques. Le miniaturiste anonyme n’est pas très ferré sur la perspective. Dans la miniature du folio 1 65, les figures du premier plan le cèdent en taille à celles du second ; en échange, l’on aperçoit, au fond, un quadrupède plus grand que la maison à côté de laquelle il se tient.
Les visages offrent beaucoup de monotonie : l’auteur affectionne les attitudes de trois quarts. Sa manière se reconnaît aisément aux bouches, presque toutes de travers et qui dessinent un angle disgracieux avec le nez.
Les costumes sont ceux du temps. Les ornements, enfin, appartiennent déjà à la Renaissance. On y voit des pilastres, des colonnes, des frises, des motifs classiques de toute nature.
LA RAISON TRONANT ENTRE LA CRAINTE ET LA Miniature française du xvi* siècle.
(Bibliothèque Nationale de Paris. Fonds français, r