‹ Pétre Ivanovitch, suite du Gilblas russe (volume 2)Chapitre 38 sur 43 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PAGE 2s KOTE l<

Zakrêie, maison de campagne du général Benîng* sen, achetée par l'empereur Alexandre, en 1812, eit située à une demî-lieue de Wilna. La fête dont il est parlé ici fut donnée trois jours avant le départ de l'empereur de Russie pour son quiirtler-général , à Swîen<cîany; et ce fut pendant le bal même, dit madame de Choiseul Gouffler (Mémoires historiques sur l'empe'^ reur Alexandre ^ page 90, in 8". Paris, iSag), qu'il reçut la nouvelle que les Frnnçais avaient passé le Nié* inen , et que leurs avant-postes n'étaient plus qu'à dix milles de Wilna \

Madame de Choiseul-Gonffîer raconte une circonstance de cette fête qui faillit la rendre désastreuse pour ceux à qui on la dounaii et |>our celui qui la donnait^ Les lecteurs ne seront pas fâchés d'en trouver ici le lécit. « On construisait dans le jardin de Zakréte , pour la saile destinée à la danse, unelongue galerie ouverte, soutenue par des colonnes^ et qui devait renfermer dans son centre un grand champ de fleurs. L'architecte du gouvei nemcut , le professeur Schultz , fui chargé de ce travail. Mon père se trouvant à Zbkréte, lit observer & cet architecte que les Ibndemens n'étaient pa*

12l9* NOTES.

assez profonds, TulVIévatîon de la galerie et Pëpaîs* leur des colonnes. Schuttz avoiia que la remarque était parfaitement juste , mais qu'il parerait & cet InconTénient en joignant la colonnade par le bautavec la charpente du toit. Le jour suivant toute la galerie s'ëcroula avec un bruit épouvantable; par bonheur c*e'tait à Fheure du dîner des ouvriers; il s'en trouva un cependant d'écrasé sous les débris. A ce spectacle , perdant l'esprit et craignant peut-être qu'on ne le soupçonnât d'inteliigencfs secrètes avec les Français (a) ; trop peu confiant dans l'indulgence de l'empereur, le malheureux Sckultz prit la fuite. Oa courut sur ses traces, mais on ne trouva plus que sou chapeau au bord de la rivière 9 l'infortuné s'était nojél Qu'on songe, ea effet, quelle horrible catastrophe eût résulté de est • événement s'il était an*ivé seulement deux jours plus tard et pendant le bail L'empereur, toule sa maîsoa'militaire, les généraux commandans dsr l'armés f ont * foule de personnes de distinction auraient immanqua* blement péri dans ce désastre a ffreux« C*«ût été pour les Français une campagne gagnée sans tirer l'épée! »

Passe pour cette dernière réflexion. Il est certain qq'un pareil événement eàt suffi pour changer 1» face desaffaii'es de toute l'Europe, e( souvent d'aussi grands ' résultats ont eu de moindres causes ; mais ^ dim» soa> admiration exclusive pour son héros, madame da^ Choiseul-Gouffier devient injuste paitr les ememîsquf la politique lui avait faits, et Bouravonsdû relever la . supposition odieuse, et bien gratuite^ qu'elle prête plus haut à la détermination du malheureux Schultz> dont

(a)Ah ! madame de Ghoiseut , sont-ce là les armes de vos coMp&trîoies d'adoption ?

rinfortune rappelle d'une manière plus tragique cell« du célèbre Yatel. ^

79ienhaatëni onmleutt Tisenhàus; c'est le nom dé^ demoiselle -delà dame-auteur auM Mémoires dé laquelle nous ar^a^Mipftintë le récFr queTon a lu dans la note précédente, et qui rappelle, en effets l'honneur que f empereur lui lit en cette occasion.

If km 7, WOTE 3.

r^ous ne nous attendlonspeSy'eii r^igeantla première note de ce chapitre, que nous allions trouver^ quelques pages *p\iâ$ l6m\ un rtfsft de révéttement qucr nous avions jugé curieux d*j consigner. Maintenant nous «lirons comme l'abbé Yély : <t STon siège est fait ; » mais ce ne sera pas tout-à-fait un double emploi^ et l'oa^mimera peut-être à comparer les deux narrations.

' SI Ton réfl&bit que l'auteur de ce roman, H* Boul-^ farine) est d'origine polonaise , qu'il a fait «yec W Français toutes les campagnes de l'empire ^ et ^ue la Russie n'asi devenue sa pairie adoptive jqûe- depuis la paix y on ne pourra trop louer l'impartialité avec la-^ quelle il tient ici la balance, ftfïifs , sans vouloir dîmi* Btfer im rieii le'mérfte des dtfmer russes, nous M' croyons pas que la généralité de ceux qui t>nt yôjag^ «il*l^didgne et en Russie bésttcnttdng-temps, en côn-' StSfiantleurs Impressions et leurs souyenirs , enti'e dïlài

PAGS 34» KOTX 5.

L'auteur oublie que la seule, cbambre yacante qui restait chez M, MorHionsky a été prise « et est occupée l^r la famille de son .gendre y et que le maître de h maison n'a que trois pièces pour la sienne , composée de sa femme | de deux filles et de deux garçoiu*

Page 1