‹ Pétre Ivanovitch, suite du Gilblas russeChapitre 46 sur 67 · AGE 1S9, MOTS I · texte numérisé non relu

AGE 1S9, MOTS I

Cette proclamation, où nous avons souligné quelques mots , vient merveilleusement à l'appui de ce que nous avons dit , dans la note 8 ci-dessus , de l'esprit de tous ces manifestes publiés par l'autorité russe pendant le cours de la campagne de 18 12. Elle est .empreinte de l'esprit original de son auteur , que nous avons connu personnellement , et auquel la Russie a dû le sublime sacrifice de Moscou, sacrifice qu'il, n'a pu nier depuis que par suite de cette subordination et de cette obéissance à des intentions et à des ordres supérieurs , si communes en Russie et pour le moins aussi remarquables.

Nous devons rappeler ici que c'est en 1823, et à Paris , dans une brochure écrite en français et ayant pour titre : La vérité sur l'incendie de Moscou ( in-8* de 47 p. Ponthîeu)que le comte Rostopchine a rendu cette dénégation publique, pour repousser les assertions de M. de Chambray dans sou Histoire de Vexpè-

Mùon de Russie. Ce dernier lui a réponds victorien» sèment, la même année ( Pillet aîné » Anselin et Pochard j in- 8° de. 18 p. ).

Gomment supposer , en effet, que les Français f comme Ta prétendu l'ancien gouverneur de Moscou , fussent eux-mêmes les incendiaires de cette Tille , et eussent plus fait ainsi pour leur propre perte que leurs ennemis ? C'est bien ici le lieu de rappeler l'axiome connu: CuiprodesU Je ne puis que répéter ici ce que* f ai écrit a cette époque dans la Revue Encyclopédique (tom. xxvii, note de la page 446 )• «Si , pendant l'occupation , les Russes ont rejeté l'honneur d'un pareil sacrifice , c'était en haine du nom français ; ils n'étaient pas fâchés que l'on crût , et ils cherchaient à persuader que c'était la un acte de Napoléon. Depuis , ils ont généralement accepté la responsabilité de ce fait important et décisif de la campagne de i8i2.Seu* lement , il n'y a pas eu , et il ne pouvait y avoir dans un pays comme la Russie, d'aveu officiel. On sait même que l'auteur dé cette mesure , le comte de Ros* topchinc, gouverneur de Moscou a cette époque, est en apparence disgracié. Lorsqu'à l'approche de l'armée française il fit ouvrir les prisons de la ville et accorder la liberté aux malfaiteurs qui s'y trouvaient, son bot politique était de les opposer a l'ennemi ; il prévoyait bien tout le mal qu'ils pouvaient nous faire: Fauraient-ils mieux servi encore qu'il ne l'avait espéré? Faudrait-il donc attribuer au rebut de la nation russe une résolution dont peuvent s'enorgueillir les pins hautes classes ?» Avouons que, dans ces débats et élans ces suppositions , nous sommes plus généreux que adversaires. Nous persistons à leur attribuer un

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