CHAPITRE Vil
Bal masqué.
Cinq jours s'étaient écoulés ; le soir du septième , dans toute la longueur de la rue où se trouvait la maison dit prince Kourdûkof, se dessinaient plusieurs rangées de brillans équipages et d'élégans traîneaux. Les appartemens du prince étaient magnifiquement éclairés , et à travers les glaces de ses fenêtres , quoique légèrement ternies de vapeurs, on voyait se mouvoir des groupes et des figures légères , comme aux ombres chinoises. Les accords des inst rumens retentissaient jusque dans la rue. Dans un vestibule chaud, devant la première montée d'un escalier orné d'arbustes en fleurs et de tapis, se pressaient des valets chargés des
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manteaux 9 pelisses et -enveloppes dfe leurs maîtres ; et tous regardaient avec curiosité les nouveaux masques, qui, après avoir donné un coup cl œil a leur costume, s'élançaient vers l'escalier. Quelle que fut la grandeur des appartenons, ils pouvaient à peine contenir le monde qui affluait à cette soirée. Des groupes de masques se promenaient de salle en salle, se mystifiant les uns les autres, mystifiant et intriguant les personnes non masquées, et amusant toujours, soit par la finesse de leur esprit, soit par leur niaiserie et leur balourdise. Partout retentissaient et les éclats de rire et les sons bizarres des voix déguisées. Il y avait trois salles où Ton dansait ; on s'y pressait pour voir lès danses de caractère , les -quadrilles concertés et les bonnes caricatures. Un grand nombre d'officiers en uniformes élégans , ou en souliers et en domino , papillonnaient autour de jeunes beautés, leur rendant hommage sur hommage, comme fait l'insecte aux mille couleurs agitant M* a&s brillantes autour de la fleur pria- «tanière. Le maître du logis marchait $à ^t là 4'tin air grave et rayonnant tout ensem-
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semble ; <1e tous côtés lui arrivaient des politesses et des remerciemens.
Dans l'angle d'une petite salle, avait été dressé pour décoration un bosquet enchanteur, de treille et de lierre, devant une cloison déglace; la glace répétant la verdure,
' offrait aux regards l'aspect d'un jardin délicieux éclairé de mille lumières. Dans ce
4 bosquet étaient assises deux Tyroliennes , qui conversaient assez haut entre elles sans craindre les témoins , car tout le inonde ne faisait alors que jeter un coup d'oeil au bosquet en passant.