‹ Pétrone au Moyen Âge et dans la littérature françaiseChapitre 11 sur 25 · Carminiim, L. III · texte numérisé non relu

Carminiim, L. III

3. Conformité de l'éloquence de M. de Balzac avec celle des plus grands personnages du wnips passe et du présent. (ïuvres de Balzac, 1666, p. 171.

de 16G5, t. II, p. 180. Discours septième): ce Cesontdes Petrones et des Tigellius auprès de Néron ; ce sont des advocats delà volnpté, qui plaident sa cause, etc. y)

Pétrone est cité aussi dans les Lettres de Pkyllarque (Goulu) à Ariste. On y lit, traduit avec des passages du Dialogue des orateurs, le fragment sur les déclamateurs (ch. 1-2).

Voiture^ et Sarrasin ont goûté le Satlrieon. Ce dernier a imité en vers le poème de la Guerre civile^. On le voit ailleurs citer Pétrone. (Attici Secuudi Orbilius Musca sive Bellum parasiticum. Histoire de Pierre de Montmaur, édit. de 1715, t.I, p. 188.) (c Namque, ut ait Poeta,

Somnia quae mentem ludiint volitantibus umbris, etc. » (Fragm. XXX,)

En cette même Histoire de Pierre de Montmaur , Ménage prouve aussi qu'il a pratiqué Pétrone. Il cite une correction de Saumaise sur un passage du Satiricon {ibid., t. I, p. 82. VltaGargilll Manmrrœ parasltopœdagogi) Qt, Ihld., t. I, p. 75, emprunte au chapitre I" l'expression suivante : Cujus omnla dicta factaque essent et sesamo et papavere sparsa, etc.

On trouve dans Pascal (Pensées, art. VII, 28, édit. Havet) une citation de Pétrone : « Plus poetlce quam humane locutus es» (ch.90). La phrase, ainsi que le fait remarquer M. Havet, n'a pas le même sens dans Pétrone que dans Pascal, qui aura sans doute emprunté à quelqu'un cette citation. Car nulle part ailleurs chez lui ne se rencontre la moindre allusion à Pétrone. Il est à remarquer cependant que MM. de Port-Royal connaissaient le Satlrlco7i et y ont puisé plus d'un rapprochement dans leur Eplgrammatum delectus, Paris, 1659; cf. p. 107, ad Mar-

1. V. Lett e de Voiture à M. Costar (éd. de 1654, p. 578. Lettre CXCUI) : « Que le « petit conte latin dtl bas de vostre lettre m'a pieu et semblé admirablement écrit ; si « vostre histoire, ou la mienne, estoient escrites comme cela, on ne liroit plus Pé^ « troue. ))

2. Baillet (Jugements des savants sur les principaux ouvrages des auteurs, t. IV, éd.

de 172Ô), mentionnant les nouvelles œuvres de Sarrasin imprimées à Paris en 2 vols iu-12 (J675), dit : (f Le 2® vol. ne contient que des pièces en vers; parmi les plu. « longues est un essai de poésie héroïque, la Guerre espagnole, imitée du poème de « Pétrone: Orbem jam totum..,. »

tialrm, p. 1*22 ; id., p. 127 ; Id., etc. D'autre part, le chevalier de Méré, dont on sait les relations avec Pascal, goûtait beaucoup Pétrone. Méré était de cette secte de gens aimables et de plaisir dont parle Sainte-Beuve*, les Saint-Evremond, les Ninon, les Saint-Pavin,les Mittoii, qui raffolaient du volnptueux Komain. Dans une lettre à la duchesse de Lesd i gui ères '-, Méré traduit, en l'arrangeant un peu, lecontedela Matrone d' Éphèse, Voici un disciple de Port-Royal, Racine, qui cite Pétrone dans sa correspondance, et il est assez piquant de voir le futur auteur (Y A( halle associer un abbé au compliment qu'il adresse aux belles Languedociennes, en se servant des expressions d'Encolpe : c( J'étois détourné par d'autres spectacles ; il y avoit tout autour de moi des visages qu'on voyoit à la lueur des fusées, et dont vous auriez bien eu autant de peine à vous défendre, que j'en avois. Il n'y en avoit pas une à qui vous n'eussiez bien voulu dire ce compliment d'un gai and du temps de Néron : «Nefastidiashominemperegrinumintercultorestuosadmittere: (( invenies religiosum, si te adorari permiseris^. » (Lettre XVI, à l'abbé Le Vasseur, à Usez le 26 novembre 1661 ; éd. Régnier.) Dans la même lettre, il cite encore Pétrone : (( épargnezvous à vous-même de grosses injures, que je pourrois bien vous dire dans ma mauvaise humeur.

« Nam contemptus amor vires habet*. »

La découverte du fragment de Trau, faite par Marinus Statilius, dans la bibliothèque de son ami Nicolas Cippi, vient, en cette seconde moitié du xvir siècle, donner à Pétrone une nouvelle vogue et le mettre tout à fait à la mode. Ce fragment de Trau fut publié pour la première fois à Padoue, par Paul Frambotti, en 1664. ce II venait, dit Pétrequin ^, combler une vaste lacune dans la description du souper de Trimalcion. Cette resti-

1. Portraits littéraires, t. III. p. loi;. Le chevalier do Méré.

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