Moréri. Article: Pétrone
2. Lettres de Jeau Chapelain, publiées par Tamizey de Larroque. Imprimerio nationale, 1883, t, II.
notre crédulité nous a fait passer son ombre pour son corps, i) Il partage finalement l'opinion de MM. de Valois qui jugent ce fragment supposé'. P. 484, à Ferrari, 30 septembre IG66 : (( Pour le fragment prétendu de Pétrone, j'eusse juré que vous esriés de l'opinion que vous m'avés fait la grâce de m'escrire, et c'est selon moy une grande supériorité d'esprit à ceux des nostres qui ont avalé cette pillulesanslarejetter. Necroyéspas que le nombre en soit fort grand, quoyque celui qui l'a publié ait trouvé ou i)ayé un apologiste contre les dissertations de MM. Waglienseil et Valois. Je ne conte mon suffrage en cette matière pour aucune cbose. Je suis pourtant flaté de m'estre trouvé du bon parti. »
Quoi qu'en dise ici Chapelain, l'authenticité du fragment de Trau devait être bientôt acceptée par la majorité des savants et aujourd'hui elle ne soulève plus la moindre contestation. Ces débats, où prit part l'Europe érudite, ne pouvaient manquer de rappeler en France F attention publique sur le Satiricon.
En quinze années (de 1667 à 1692), on ne compte pas moins de douze éditions du Satiricon, entre autres celles de Michel Hadrianides (Amsterdam, J. Blaeu , 1669) et de Boschius (Amsterdam, 1677). On publie aussi plusieurs traductions de Pétrone. Celle de l'abbé de MaroUes est de 1677.
La société polie prend de plus en plus goût à Pétrone. Nous sommes loin du temps où c'était une injure de dire de quelqu'un qu'il lisait Pétrone. On a déjà vu Tadmiration que lui porte le grand Condé. A la suite de Bussy Rabutiii et de Saint- Évremond, on arrivera à considérer Pétrone comme un homme de cour accomi)li, et on louera en lui un tour galant et une délicatesse qui ne se peuvent acquérir que dans un milieu élégant et raffiné-.