V. le \alesiana, p. yj, 183, sq
2. V. les jugements de Basnage [Hisloire des ouvrages des savayits, novembre 1692 et de Pope {Essai eur la critique) dans Potrequin, op. cit., p. 70, noie.
Le passage suivant de Iluet' suffirait à nous apprendre en quelle estime le Satiricon était tenu parmi ses contemporains : « On est si fort prévenu en sa faveur que tout en plaist, parce qu'on croit que tout en doit plaire. Tour moi j'ose dire, avec la permission de ses admirateurs, que s'il avoit esté plus honneste, il auj-oit été moins lu et moins estimé, et que son obscénité a fait dans l'esprit de plusieurs la meilleure partie de son mérite ^. »
On ne se contente pas de lire et de goûter Pétrone ; on le prend pour modèle, on le traduit, on Timite. En 1665 avait paru l'élégante et spirituelle imitation du conte de la Matrone d'Ephèse (conte ajouté aux Nouvelles en vers, par M. de L. F., 1665 ; in-1^, p. 33-60, Claude Barbin), œuvre de Saint-Évremond, réimprimée à la suite du Jugement sur Sénêque, Plutarque et Pétrone. (Claude Barbin, 1670, p. 111 à 121.) Tout le monde sait comment La Fontaine a fait sien ce joli conte de la Matrone d'Ephèse; sa charmante et originale imitation parut en 168:^, à la suite du Poème du Quinquina (chez Denis Thierry et Claude Barbin, p. 57 à 72). Nous nous bornerons à en rappeler le début.
S'il est un conte usé, commun et rebattu,
C'est celuj qu'en ces vers j'accommode à ma guise.
Et pourquoy donc le choisis-tu ?
Qui t'engage à cette entreprise ?
N'a-t-elle point déjà produit assez d'écrits ?
Quelle grâce aura ta matrone
Au prix de celle de Pétrone?
Comment la rendras-tu nouvelle à nos esprits ? Sans répondre aux censeurs, car c'est chose infinie, Voyons si dans mes vers je l'auray rajeunie.
Dans Éphèse il fut autrefois, etc.^.
1. Lettî'e de M. Huet à M. de Segrais. De l'Origine des romans, 2® éd. Mabre-Cramoisy, 1678, p. 115.
2. Tout en considérant encore l'œuvre de Pétrone comme une « raillerie fine et « piquante contre les vices de la cour de Néron », p. 112, Huet a judicieusement apprécié le Satiricon en ce qu'il fait observer que c'est une Ménippée et en ce qu'il lui donne le nom de roman.
3. Nous voyons aussi, au xvii^ siècle, le conte de la Matrone d'Ephèse porté au