PÉTRONE
La dissertation, déjà citée, de Saint- Evremoiid prouve tout particulièrc^ment de quelle fsiveiir jouissait Tétione auprès de certains esprits. Sainte-Beuve {Port-Royal, t. III, p. 438) a fait voir les affinités qui existent entre Taimable Epicurien et le romancier'. Saint-Évremond ne tarit pas en éloges sur la grâce, Tesprit, la galanterie de Pétrone : « Il est, dit-il, admirable pari ont , dans la j)ureté de son style, dans la délicatesse de ses sentiments, etc. ^ )) Aussi le sévère Boileau croira-t-il devoir protester contre l'excès de cette admiration :
Quoi qu'en ses beaux discours Saint-Eviemond nous prône, Aujourd'hui j'en croirai Sénèque avant Pétrone^.
Au tome I" des Mélanges curieux des meilleures pièces attribuées à M. de Saint-Evremond {il 2Q j Amsterdam, chez Covens et Mortier), p. 71-116, on lit sous ce titre : Fragment de Pétrone, une imitation libre''* et une copieuse paraphrase du morceau contre les déclamateurs(iS«//r., I, 2), mêlée de fragments de traductions et suivie du conte de la Matrone d'Ephèse.
Venons à un écrivain qui fut considéré au xvii^ siècle comme rhéritier le plus direct de Pétrone, à Bussy-Rabutin, dont Vigneul-Marville a pu écrire : «M. de Bussy Rabutin était du côté du sang d'une ancienne noblesse de Bourgogne; du côté de l'esprit, il descendait d'Ovide et de Pctronius Arbiter, che-
tliéfttre. L'Éphésienne, tragi-comûdie en cinq actes, en vers, par Pierre Brinon, jouée au Tliéàlre-Français eu 1614.
La Matrone d'Éphèse ou Arlequin Grapignan, comédie en trois actes, en prose, par Noland de Fatouvillc, représentée pour la première fois par les comédiens italiens du Roi dans leur hôtel de Bourgogne, le 12 mai 1682. « Une seule scène, dit M Régnier {op. cil., p. 66), se rattache à notre conte dont elle est la paroJie, celle qui est intitulée : Scène du compliment et de la bouteille. »
1. La mort de Pétrone, selon Saint-Évremond, « est la plus belle de l'antiquité ». Jugement sur Sénèque, etc. (i670j, p. 22.