‹ Pétrone au Moyen Âge et dans la littérature françaiseChapitre 19 sur 25 · p. 10 et suivantes. Éd. de 1716. La Haye, Neaulme · texte numérisé non relu

p. 10 et suivantes. Éd. de 1716. La Haye, Neaulme

C'est ainsi que Pétrone occupait les esprits des lettrés et des gens du monde au xvii^ siècle. La prétendue découverte d'un nouveau fragment du SaUricoii qui lit grand bruit allait soulever sur son nom de nouvelles discussions et allumer parmi les savants une véritable guerre. On sait que c'est en UJliS que parurent le texte et la traduction de fragments supposés de Pétrone, publiés par un officier français, Fr. Nodot, d'après un manuscrit qu'il disait avoir été acquis à Belgrade en 1688 par un autre officier, Dupin. On peut lire dans Pétrequin (ouv. cité, p. 88) l'histoire de la polémique à laciuelle ces fragmenta donnèrent naissance. BasnageetBreugière de Barante \ avocat à Riom, furent des premiers à signaler la fraude. Mais un certain nombre d'érudits furent victimes de cette supercherie littéraire. Parmi les dupes de Nodot, il faut nommer les académies d'Arles et de Nîmes et Charpentier, directeur de l'Académie française.

PÉTRONE AU XVIIl^ ET AU XIX'' SIECLE.

Contrairement à ce que l'on serait en droit de supposer, la vogue de Pétrone baisse un peu au xviif siècle, sauf })endant l'époque de la Régence qui lui est propice.

Soit à la cour de la duchesse du Maine, soit dans la société galante du Temple, il compte de nombreux lecteurs. Chaulieu écrit :

Je voudrais voir à cette table Ton Bathylle et ton Agathon, Et joindre à ce couple adorable Mon Giton*.

1. Observations sur le Pétrone trouvé à Belgrade en 16S8 et imprimé d Paris en 1693, avec une lettre sur l'ouvrage et la personne de Pétrone. 1694. Iu-12.

2. Couplets d'une chanson faite à un sciper chez M. Sonning, sur un air des fragments de LuUy, en i70J.(Éd. de 1774, t. 2, p. 228.)

La duchesse de Bouillon ne craint pas de citer le centon obscène du ch. 13*2 ^ Chaulieu, dans une lettre en latin qu'il lui écrit, emprunte plusieurs phrases à la lettre fort libre de Polyœnos à Circé ^ « Fateor me, Prlnceps, sœpe peccasse ; homo enim sum. » (Ch. 130.)

O'est sous la Régence que l'abbé de Margon eut la fantaisie de reproduire à Saint-Cloud le repas de ïrimalchion^ Il dépensa à cette petite fête 30,000 livres. Le Régent s'y rendit et en fut charmé*.

Quelques années auparavant, une représentation du même festin avait eu lieu à la cour de Hanovre pendant le carnaval. Leibnitz en fait la description dans une lettre adressée à la princesse Loui&e de Hohenzollern^ Le personnage de Trimalchion fut joué par un neveu ^ l'électnce de Hanovre, le comte Charles-Maurice, celui de Fortunata, par une favorite de la reine, M"^ de Pôllnitz.

On lit des citations de Pétrone dans Sallengre {lîlstoire de Pierre de Montmaur, 1715. Préface, p. 15), dans Bayle {Die-

1. V. Lettre de Chaulieu à la duchesse de Bouillon, à Fontenay, le 25 septembre

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