‹ Pétrone au Moyen Âge et dans la littérature françaiseChapitre 20 sur 25 · Lettre à M™® la duchesse de Bouillon (t, 2, p. I9i · texte numérisé non relu

Lettre à M™® la duchesse de Bouillon (t, 2, p. I9i

3. De Guérie, Questions sceptiques sur Pétrone (an VIII, p. 112),

4. Dans un recueil anonyme publié en 1813 {le Soupe, les Toilettes et poésies diverses, Paris), les vers suivants font sans doute allusion à la fantaisie de l'abbé de Margon :

N'attendez pas que, copiant Pétrone, Etï'rontément ma muse s'abandonne A retracer le scandaleux tableau De ces soupers, honteuses saturnales, Où le Régent, Trimalcion nouveau, Dans la débauche et ses fêtes brutales, De son génie éteignant le flambeau, Déshonorait quelques moments de gloire.... Et pour sujet ne laissait à Thlstoire Q'un nom ilétri, ses vices et nos pleurs.

(Cité par Pétrequin, p. m).

Notre époque a vu se renouveler ces fêtes de la décadence. On lit dans un journal mondain : « J..., a donné dernièrement un dîner copié textuellement sur la « description que l'auteur latin Pétrone fait des orgies romaines, etc. »

5. La lettre de Leibnitz a été publiée en particulier dansFriedIaender. Petronii Cena Trimalchionis. Leipzig, Hirzel, 1891, p. 13-18.

tionnaire historique et critique, 17t?Û, Rotterdam, t. IV, Dissertation sur les libelles diffamatoires, p. 2053), qui l'apprécie ainsi : ce II y a des gens d'esprit qui vous jureront que Pétrone est incomparablement moins dangereux dans ses ordures grossières, que dans les délicatesses dont le comte de Rabutin les a revêtues, et qu'après avoir lu les Amours des Gaules, on trouve la galanterie incomparablement plus aimable qu'après avoir lu Pétrune. »

Bayle s'étant montré plus sévère que saint Augustin dans un cas de conscience délicat (Dictionnaire de Bayle, article Acyndiniis), Voltaire composa contre lui Tépigramme suivante :

Le matin rigoriste et le soir libertiu, L'écrivain qui d'Ephèse excuse la matrone

Enchérit tantôt sur Pétrone

Et tantôt sur saint Augustin '.

Jean-Baptiste Rousseau aussi est accusé par ses ennemis d'avoir aimé Pétrone et de l'avoir traduit. Dans Tatfaire des couplets satiriques (1710), Danchet lance contre lui cette épigramme :

A te masquer habile, Traduis tour à tour Pétrone à la ville, David à la cour, etc.

Toutefois, le seul passage de J.-B. Rousseau qui paraisse directement inspiré de Pétrone est L' suivant, où l'on lit une allusion à la Matrone d'Éphèse, ode VII du livre II, A une jeune veuve :

Quel respect imaginaire Pour les cendres d'un époux Vous rend vous-même contraire A vos destins les plus doux ?

i. Dictionnaire philosoplnqxic. Arliclo : Adullcrc.

Pourquoi ces sombres ténèbres Dans ce lugubre réduit ?

Pourquoi ces clartés funèbres Plus affreuses que la nuit ?

De ces noirs objets troublée, Triste, et sans cesse immolée A de frivoles égards, Ferez-vous d'un mausolée Le plaisir de vos regards ?

Voyez les Grâces fidèles Malgré vous suivre vos pas, Et voltiger autour d'elles L'Amour, qui vous tend les bras.

Voyez ce Dieu plein de charmes, Qui vous dit, les yeux en larmes :

« Pourquoi ces soins superflus.

Pourquoi ces cris, ces alarmes?

Ton époux ne t'entend plus. »

De la célèbre matrone Que l'antiquité nous prône, N'imitez point le dégoût ; Ou, pour l'honneur de Pétrone, Imitez-la jusqu'au bout..., etc.

Peut-être j a-t-il encore dans l'épigramme XIV de J.-B. Rousseau une réminiscence du : Grex agit inscœna wimwn\

Ce monde-cy n'est qu'une œuvre comique Où chacun fait un rôle différent, etc.

Cf. Odes, L. II, 6, à la Fortune :

Le masque tombe, l'homme reste. Et le héros s'évanouit.

Ce conte de la Matrone d'Ephèse continue à inspirer en ce siècle les écrivains dramatiques, ce Chaque théâtre a sa Matrone d'Éphèse, lit-on dans la Bibliothèque des théâtres » (Paris, Prault, 1733, p. 200).

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