Notre Satiricon n'est certes pas expurgé
NOTRE TEXTE DE PÉTRONE 20i
souvent sans aucune liaison, ou réunies, et cela est pis, par des liaisons artificielles comme celles qu'emploient les scoliastes^
Pouvons-nous entrevoir les préférences du principal abréviateur? C'était sans doute un lettré, sans quoi nous n'aurions pas les vers et les anecdotes qui ont été intercalés dans le roman. Nous ne voyons pas qu'on puisse relever chez lui aucune trace des préjugés du temps, ou qu'on puisse croire qu'il n'était qu'un gratteur de syllabes^ archaïsant ou puriste. Tout au moins a-t-il eu le mérite de goûter et de nous conserver quelques jolis contes.
Le roman lu à ce point de vue, quelle distinction ferions-nous entre ses diverses parties? 11 est hors de doute que c'est dans la Cena^ donc dans la partie conservée par le seul manuscrit de Trau, que notre texte doit se rapprocher le plus près de l'originaL Pour le reste et à considérer l'ensemble du Satiricon, s'il faut préciser, par des exemples, mon impression (il ne peut guère être question ici que d'impression), je crois conservés presque intégralement les petits récits, les discours ou monologues; ainsi : la tirade d'Encolpe au début de notre Satiricon; la plupart des discours de laCena; la délibération et la querelle sur le navire; les récits de la