Tatius, IV, 15, p. 75 au bas
son rasoir émoussé, on ne voit d'abord qu'une grosse farce ; elles pourraient fort bien n'avoir pas d'autre but que de ridiculiser certains moyens habituels aux romanciers, comme le couteau de théâtre avec lequel, dans Tatius, on tue Leucippe*, couteau dont la lame rentrait dans le manche. L'héroïne frappée ne s'en trouve pas plus mal ; mais le but voulu est atteint : Clitiphon, témoin de la scène, est convaincu que celle qu'il aime a été mise à mort-. M. Heinze montre fort bien que toute la scène du vaisseau de Lichas est la parodie audacieuse des récits de combats, thème habituel des romans grecs. L'ironie ressort suffisamment de certains détails, du tour donné à l'incident, de quelques mots qui empêchent qu'on prenne le change ; elle est claire dans les exemples déjà cités, et dans bien d'aulres aussi; ainsi, dans ce prétendu jugement de Salomon ^, par lequel Ascylte veut qu'on partage Giton ; dans la description de la tempête, qui, dans le lexle complet, avait déjà peut-être une brièveté relative et, comme dans nos fragments, tournait court; on ne peut, d'ailleurs, se méprendre quand, à côté d'Encolpe et Giton qui, de même que les héros de roman, veulent du moins mourir ensemble,