Chap. XIX, p. lo
parodie des assurances de fidélité, dans le passé, qu'exigent Tun de l'autre les amants des romans grecs, sans parler des épreuves magiques auxquelles ils se soumettent *?
Ainsi on résumera assez bien le fond du Satiricon en disant que la verve de l'auteur s'y exerce sur le sujet habituel des romans grecs, sur l'amour et tout ce qui se rattache à la peinture de l'amour, en insistant d'abord sur les thèmes et sur les incidents, sur les formes et les développements que la tradition du genre a consacrés : raillerie voulue, suivie et systématique.
Avant Pétrone, y avait-il eu en Grèce de telles parodies? Nous l'ignorons'-'. Le genre semble bien grec cependant, et, avant Lucien, d'autres Grecs ont sans doute écrit, sinon avec autant de goût, du moins dans le même style, dès le temps de l'empire, peutêtre même dès la période alexandrine. Aussi je ne crois pas que Pétrone ait inventé de toutes pièces la parodie du roman d'amour; son mérite serait plutôt d'avoir généralisé et porté au dernier degré ce genre ; car il ne semble guère que la parodie puisse aller plus loin.
1. Ainsi, dans Tatiiis, l'épreuve de «l'eau du Styx )>pourramante; celle de la grotte de Pan et de la Syrinx pour l'amant. — Pour l'équivoque, comparer la réserve nécessaire insérée dans la formule du serment de Mélite, grâce aux mots de Thersander: wap'Sv àTreSrjjjLO'jv xpovov : Tatius, VllI, 11.