Voir M. Ileinze, p
J'admets que le Satiricon soit, comme on Ta voulu , « un roman ancien réaliste » ; les portraits de Trimalcion et de son entourage, d'Œnothée et de •Quartilla, les scènes comme la bataille d'Eumolpe dans Tauberge (xcv), la lutte d'Encolpe contre les oies sacrées (cxxxvi), la chute d'Œnothée {ibid,) caractérisent Toeuvre d'une manière assez clairet Mais l'appréciation de l'œuvre ne me paraît juste et complète que si l'on ajoute que le Satiricon est tout autant un roman d'ironie et une parodie du roman grec traditionnel. M. Heinze^ veut distinguer l'emploi de la parodie de celui de l'ironie; il accorde la première, non la seconde, à Pétrone. Je me demande si ce départ n'est pas bien subtil, s'il est toujours possible; enfin s'il y a lieu de le faire à propos d'un auteur qui ne néglige aucune forme de la raillerie.
1. Voir la Revue de V Instruction publique en BeUjigue, au t. XXXVl (1893), pp. 225 et suiv. Aux pages excellentes de M. Paul Thomas je voudrais seulement ajouter cette réserve, que ces scènes ou personnages, pris dans la réalité vulgaire, sont assez mal caractérisés dans le lieu et le temps ; d'où tant de discussions 5ur le temps où a vécu Pétrone, sur le pays de Trimalcion, etc. — Faisons encore cette remarque qui n'est pas sans importance. Les deux groupes entre lesquels se répartissent les personnages du roman, anciens esclaves d'une part, rhéteur, élèves des rhéteurs et lettrés de l'autre, sont peints sans doute, dans le Satiricon^ par des traits empruntés à la réalité ; mais la peinture reste générale ; ilne s'y mêle ou, du moins, nous n'y voyons mêlée aucune satire personnelle directe. Et il n'est pas probable que la reproduction soit très exacte ; il a dû y avoir, de part et d'autre, exagération et charge.