‹ PétroneChapitre 40 sur 115 · Juvénal, vu · texte numérisé non relu

Juvénal, vu

l'éloquence dans le SATJIilCON 97

Qu'e^ntend ait-on proprement par éloquence ?Nous avons vu* que le terme latin, facundia^ très vague et trop étendu, comprenait la prose et les vers, le fond et la forme, toutes les belles-lettres, parfois même les beaux-arts. Les rhéteurs n'étaient pas pour en restreindre la compréhension. Se figurant être juges de tout et bons juges, ils se sentaient bien plutôt portés aux empiétements. Les frontières restaient indécises. Pour tracer, ne fût-ce que par à peu près, une limite entre les domaines des sciences rivales, on usait, dans le monde et même dans les écoles, de signes extérieurs et matériels dont le seul avantage était de supprimer toute discussion. Voici un mode de distinction qu'indique Sénèque^, qui probablement n'est pas de lui et certainement qui ne serait pas digne de lui : « Une recherche ou l'exposé d'une recherche est-il fait d'un trait et sans interruption? Là préside la rhétorique. Si l'exposé est coupé par des objections, des demandes et des réponses, on est sur le domaine.de la dialectique. » On peut railler ce critérium ; il avait, du moins, le mérite d'être à la portée d'un chacun.

Les petits gens ne savaient pas d'une manière précise où commençait, où finissait la rhétorique. Mais ils sentaient à merveille qu'elle établissait

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