‹ PétroneChapitre 43 sur 115 · Aux chap. lv (p. 36, 19) et Lvn (p · texte numérisé non relu

Aux chap. lv (p. 36, 19) et Lvn (p

Trimalcion, l'amphitryon lui-même ne regardaient qu'avec défiance du côté d'Agamemnon et de ses compagnons, en qui ils devinaient un mépris justifié. Un affranchi en colère dit à Giton : <( Je te ferai savoir que ton père a perdu son argent quand il t'a fait apprendre la rhétorique ^ » C'était reconnaître, tout en pestant, ce dont les autres se targuaient. « Savoir les lettres- », pouvait devenir au besoin un gagne-pain; mais c'était avant tout un trait distinctif par lequel on évitait d'être jamais confondu avec le vulgaire, ce pvofanum vulgus qu'on coudoyait dans les festins, qu'on exploitait, mais qu'on entendait bien mépriser toujours.

Nous avons déjà rencontré sur notre route le rhéteur du Sathncon^ Agamemnon. Ses actes, son langage répondent à la sonorité vide de son nom. Il s'écoute volontiers parler; a-t-il tellement tort? Il y a si peu de gens qui sachent écouter.

Tacite^ nous apprend qu'on vit à la fin du i" siècle des hommes assez confiants dans la puissance de leur parole pour oser, en pleine guerre civile, se jeter entre deux armées qu'ils tentaient d'arrêter par la persuasion, tandis que d'autres, vers le môme temps, prêchaient la guerre à ou-

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