‹ PétroneChapitre 46 sur 115 · Lettres^ xlvii · texte numérisé non relu

Lettres^ xlvii

i/ÉLOQUENCE dans le SATIRICON 103

vent à son témoignage ; on le regarde comme un <;ontemporain de Pétrone et ses ouvrages abondent «en renseignements précieux sur les petits faits de la vie romaine) ; Sénèque donc parle d'esclaves <lont Tunique fonction était de distinguer, parmi les convives, ceux qui méritaient d'être réinvités : Agamemnon sera Tun, sera le premier de ceux-là. S'il y avait oubli de l'esclave, le maître sûrement le réparerait. On ne trouve pas facilement, parmi les gens instruits, des convives d'aussi bon caractère.

Voilà le rhéteur hors de chez lui. Dans son école, comment enseignait-il? Où et comment recrutait-il, «urveillait-il ses élèves? Quelles étaient leurs occupations et leurs plaisirs? Là-dessus, le Satiricon en l'état présent nous renseigne assez mal. Après une leçon où il a probablement corrigé et refait le discours d'un de ses élèves, le rhéteur est sorti sous le portique qui entoure les salles, et là il continue à étaler prose et vers devant les étrangers qui lui ont fait visite. Dans la maison, dans Vatriiim ou sous quelque péristyle, à l'exposé du maître a succédé la déclamation d'un des élèves; après l'avoir ccouté, ses camarades sortent en foule et se moquent à l'envi du plan, des traits, du débit de l'orateur en herbe*. On reproche à Ascylte de s'être soustrait à

i. Chap. in-vi.

un entretien avec son précepteur i, excellent moyen d'échapper à sa surveillance. Le narrateur lui-même craint fort d'être surpris dans l'auberge par le surveillant {antescholarius)-. Ces brèves indications ont tout juste de quoi éveiller notre curiosité; mais nos fragments ne nous apprennent rien de plus.

Dans la société de ce temps, que pensait-on cependant non plus de l'éloquence, mais de la rhétorique? Si nous interrogions les Métamorj)hos€s au lieu du Satiricon et si notre témoin était Apulée et non Pétrone, la questionne se poserait même pas. Apulée ressent, pour l'art auquel il a dû tous ses succès, une admiration qui n'admet même pas l'ombre d'une critique. Rhéteurs, rhétorique, cela est pour lui au-dessus de tout. Pétrone, qui n'est pas dupe des hommes, l'est encore moinsdesmots et des préjugés d'éducation. On pouvait attendre de lui une critique impitoyable des rhéteurs et de leurs préceptes : c'est justement ce que nous rencontrons dès le début du Satiricon dans sa forme présente. L'auteur y fait le procès en règle de la rhétorique. L'attaque est cc)nduite par Encolpe et poussée à fond. Ce n'est pas ici qu'on déplorerait avec Sénèque de voir les cuisines remplies d'apprentis gâte-sauce, tandis que les écoles des philosophes et des rhéteurs sont

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