Chap. I et ii
d06 PÉTRONE
faute du fonds solide et sérieux que la science seule peut fournir et que, seuls dans le monde ancien, quelques Grecs ont su entrevoir; c'est aussi que, malgré l'apparence, les travers d'esprit ont infiniment moins de gravité qu'on ne le croit généralement, l'habitude les rendant vite insensibles, même agréables et nécessaires. Aussi l'historien, le critique et même le lecteur moderne doivent-ils faire effort pour négliger ce qu'ils y sentent de faux et d'étrange; pour les contemporains, ces bizarreries n'existaient pas ou peu s'en fallait, et dans l'ensemble , dans l'histoire, elles ne comptent pour ainsi dire pas. Remarquons aussi combien il est curieux qu'une critique si âpre de la rhétorique et de ses procédés, se trouve dans un roman, c'est-à-dire justement dans un genre littéraire auquel les rhéteurs et les sophistes avaient, tout au moins en Grèce, ouvert le chemin, pour qui ils ont longuement tout préparé : lecteurs, fictions, thèmes, surtout thèmes d'amour, et jusqu'à la langue, mi-poétique, mi-oratoire, mais surtout passionnée. Quintilien'% tout en devinant Técueil, a eu toutes sortes d'indulgence pour les exercices de déclamation; Sénèque le père en raffolait; si l'on fait abstraction de l'auteur du Dialogue des orateurs^ tous y croyaient et continue-