‹ PétroneChapitre 53 sur 115 · Au commencement du chap. xxxix ; cf. p · texte numérisé non relu

Au commencement du chap. xxxix ; cf. p

3. P. 25, 33. Cf. p. 53» 6 : « libitinariiillius quiinter hos hoîieslissimus erat. »

sont tout à fait livrés à eux-mêmes et qu'ils se mettent à Taise ; aussitôt plus un mot, plus un tour qui réponde au goût des gens instruits [iirbani) ; c'est un long bavardage, une véritable avalanche de proverbes, de dictons populaires, mêlés de répétitions, de jurons, d'injures, d'obscénités, mais avec le tour pittoresque qui est la marque de ce langage. La parole est au menu peuple [populus mimitus)^. Tous ces anciens esclaves s'en donnent à cœur joie. Pétrone a recueilli pour nous leurs (( propos de table ». Ne disons pas qu'ils nous reposent du reste ; mais, à cette place, le lecteur s'accommode volontiers du changement et admet assez bien cette diversion au récit des inventions grotesques de Trimalcion.

Ces chapitres du Satiricon ont le mérite de reproduire pour nous la langue et la vie de la plèbe romaine. Nous reviendrons plus loin à ce qui concerne la langue populaire, cet idiome qui toujours a coulé \ ^ silencieusement sous la langue classique, et ne s'est / pleinement étalé à la lumière qu'en se ramifiant pour former les langues romanes. Ne songeons en ce moment qu'à la vie de l'infime plbhe (p/ebecif fa). Les entretiens des affranchis de Trimalcion expriment avec beaucoup de relief le cours ordinaire de ses idées et ses préoccupations habituelles.

En première ligne viennent le^intérêts maté-

riels, le souci du manger, du boire, du bien-être ; surtout le désir et 1 aîmiration de Targent, qui procure tout le reste. « Croyez-moi, dit-on dans ce monde, ayez une livre, vous valez une livret » Soyez riche, il suffit. « Bien acheté, bien vendu^ » : voilà le fond de la vie. Après l'argent ou par l'argent le^laisir. Ceux qui n'ont ou croient n'avoir de ce côté que la petite mesure, n'oublient pas que la vie est courte ; qu'il faut se hàler d'en jouir. Apprennentils la mort de tel ou tel? Preuve déplus qu'il ne faut pas perdre un moment pour se bien traiter. On discute sur la fortune, sur le caractère du défunt ; les personnes présentes ne sont pas d'accord ; mais chacun dit son mot, et l'on fait, d'une manière accommodée à l'auditoire, son oraison funèbre : « Quel gaillard c'était, sachant dénicher toutes les vertus ! 11 connaissait toute la lyre. Je ne le blâme pas. Il n'y a que cela et il n'a eu que cela^. » Le langage, on le voit, vaut le sentiment, et Fauteur ne gaze pas^.

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