‹ PétroneChapitre 54 sur 115 · A la fin du chap. xliii · texte numérisé non relu

A la fin du chap. xliii

4. Cependant, il y a profit à écouter même la morale de ces pauvres diables. M. Melchior de Vogué, dans la Revue des Deux Mondes du 15 avril 1892, p. 929, admirait et paraphrasait l'inscription du tombeau du cardinal Armellini : « Certe homo bulla est. » C'est justement par ce mot qu'à la table de Trimalcion, un des affranchis édifie ses compagnons : « tam bonus Chrysanthus... animam ebulliit...; minoris quam musca? sumus; muscae tamen aliquam virtutem habent nos non pluris sumus

Ce dernier trait n'est pas, tant s'en font, le seul qui soit grossier. Les pauvres diables, s'ils ne peuvent pas beaucoup en fait, se permettent tout en parole ; c'est leur revanche. Ils ont tous « la bouche dure^ » et la langue bien pendue ; leurs jugements sont à l'emporte-pièce. « J'ai mangé une langue de chien », dit l'un d'eux comme excuse à ses médisances'-.

A côté de ces vulgarités se trouve aussi l'expression d'un sentiment énergique, profond, qui est de tous les hommes et de tous les temps : le souci pour un père d'éviter, s'il le peut, à son fils les misères par lesquelles il a dû passer. Chez ces anciens esclaves, ce sentiment paraît être ici, et non sans cause, plus vif que nous ne le devinons chez aucun moderne, et c'est avec un accent pénétrant que l'un d'eux prononçait saris doute ces mots, qui pour lui résumaient sa vie et le but de sa vie : cicaro tneus'-^.

Dans leurs propos, d'ailleurs, ni plan, ni suite.

quam bullœ. » (Chap. xlii, p. 28, 9.) 11 serait plaisant et vraiment trop plaisant, surtout à cause des commentaires que nous venons de lire, qu'il y ait eu ici, de la part du cardinal, non pas rencontre accidentelle, mais réminiscence plus ou moins dissimulée. Mais le cardinal avait pu lire le mot dans la préface du De re rustica de Varron : « ut dicitur, si est homo bulla^ eo magis... »; et Perse (11, 10) emploie de même ebullire dans le sens de mourir.

1. P. 28, 26 : « durae buccae fuit, linguosus,discordia, non homo. »

2. P. 28, 25 : « De re. tamen ego verum dicam qui linguam caninam comedi. »

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