‹ PétroneChapitre 61 sur 115 · P. 38, 5 et · texte numérisé non relu

P. 38, 5 et

3. Ad summam, p. 21, 32; p. 25, 1, 9 et 13 ; p. 38, 11 ; p. 39, 1 ; p. 47, 33; p. 52, 23, etc.

4. De même Scintilla, p. 47, 20 : « Frequentius plaudebat quam loquebatur », et Trimalcion, p. 48, 37. .

qu'il a été jadis ou mieux ce qu^il n'a pas cessé d'être. D'avance on ne se fait pas une très haute idée des femmes qui se trouvent dans un tel milieu. Ce sont des compagnes de vice ou mieux de misère [contubernales)^ que ces anciens esclaves ont conservées, par devers eux, moitié par habitude, moitié par calcul. Voyez Tune d'elles, qui se trouve au premier plan, Fortunata^ la femme de Trimalcion. Sa vie, sa passion est de diriger la maison du parvenu. Elle a l'œil à tout et maintient de Tordre dans cet apparent désordre. Cette femme a pour Trimalcion un dévouement de caniche qu'il a éprouvée II lui en est reconnaissant-, ce qui ne Tempêche pas, à un moment, de lui jeter une coupe à la tête'^ et de l'accabler sous des litanies d'injures. On la couvre, elle et les autres, d'étoffes précieuses; de bijoux qu'on estime au poids; labalance est apportée pour prouver leur prix^. Elles les montrent, font les belles, jouent à la dame, sans ouvrir la bouche, ce semble, cependant et pour cause. Qu'auraient- elles su dire? en quelle langue? Scintilla^ a bien raison de laisser échapper moins de mots que de batte-

2. A la fin du chap. lu : « par moments, il avait peur de Fortunata ; dans d'autres, il revenait à sa vraie nature » : « Nam modo Fortunatam verebatur, modo ad suam naturam revertebatur. »

5. Encore (voir p. 44, n. 5) un nom romain {Scintilla, étincelle) ; c'est la femme de Habinnas.

ments de mains et de gestes. Ces femmes sont dignes de ce milieu et de leurs époux

Dans toute cette partie du récit, bien des traits, qu'il nous faut découvrir et lentement analyser, avertissaient d'abord le lecteur romain qu'on le transportait dans un monde où de très petites choses avaient grande importance. Ainsi, ou je me trompe bien, les chiffres par lesquels sont ici évaluées les fortunes de tel ou tel étaient, ce semble, par euxmômes, pour les Romains du i*""" siècle, suffisamment significatifs. C'est une somme énorme pour Trimalcion et ses amis que deux millions de francs *, et sa fortune, que tous admirent et envient, dont il mette total sur son épitaphe, monte en bloc à six millions. Aux contemporains de Claude et de Néron, dans le monde des affaires et de la cour, ces chiffres devaient paraître, non pas ridicules, sans doute, mais sûrement faibles et médiocres; ils caractérisaient nettement Trimalcion et ceux qui l'entouraient. Quand Tacite parle des fortunes de ministres amassées par Pallas en quatorze ans, par Sénèque en quatre années, il compte par milliers et non pas, comme ici, pdiV centaines de centaines de mille sesterces-; en francs, soixante millions. Quand, dans le procès fameux dirigé par Cicéron, la Sicile atta-

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