A la fin du chap. lix
rassurés. Tout à coup le dessus s'enlève et l'on voit des viandes fines : volailles, tétines de truie, lièvres ; aux angles, quatre Marsyas versant du ^«n/m ^ Si Ton sert un sanglier, afin que tout soit à Tavenant^ les lits sont recouverts tout exprès de serviettes représentant des filets et des scènes de chasse ; les^ portes s'ouvrent à grand bruit ; des chiens de Laconie courent autour de la table ; le coupeur apparaît avec couteaux et costume de chasse.
Comment était venue aux Romains l'idée et le goût de cet appareil avec décors et changements à vue? Sans doute des jeux publics et surtout des. représentations de l'amphithéâtre. La, ils voyaient Farène inondée porter tour à tour le beau Léandre ou quelque naumachie, ou encore un vaisseau qui,, s'entr'ouvrant, laissait apparaître une forêt, bientôt peuplée de monstres exotiques et d'animaux féroces 2. On voulut retrouver à la maison quelque image de ce qu'on admirait au dehors. Ainsi fut
transportée dans les fêtes particulières toute la machinerie des spectacles. De là aussi cette profusion de parfums^ qui nous paraît si singulière en un
1. On donnait ce nom à un assaisonnement très goûté des anciens,, que, suivant la légende, Rabelais, dans son séjour à Rome, aurait retrouvé et célébré en vers latins; mais notez la différence : il en faisait un purgatif.