Sénèque, Lettres^ xii
LE FESTIN DE TRIMALCION ib5
On se sent ainsi dès Tabord dans une maison bien tenue. S'il plaît à Trimalcion d'affranchir tel soidisant Bacchus, pour avoir occasion de placer un bon mot^; si, par un caprice analogue, il affranchit le danseur de corde qui, en tombant, a touché son auguste personne 2, tout écart est néanmoins rudement réprimé; les bourreaux sont à portée. Trimalcion a chargé spécialement un esclave de soigner le tapis blanc et la toge de pourpre où il doit être enseveli : « Prends bien garde, Stichus, lui dit-il, que les souris n'y touchent ou les mites; autrement, je te ferai brûler vif ^ », et il est homme h le faire.
A un autre passage, dans le rapport qui est lu au maître'*, il est question d'une mise en croix pour un €rime qui semble n'avoir rien de capital. Et cependant voilà que, vers la fin du festin, Trimalcion se sent subitement pris de tendresse. Il avait eu l'attention d'espacer les tables, pour que Taffluence des servants n'incommodât pas les convives. Tout à coup, il propose d'admettre à table les esclaves : ils viendront par séries : « Ce sont, après tout, des hommes qui ont bu le même lait que nous, mais