Au commencement du chap. lxxxi
amphithéâtre? Comprenaient-ils l'un de ces combats de bêtes que les Romains du i^"* siècle aimaient avec fureur, et dont ils ont porté le goût jusque dans les dernières provinces de l'empire? Quelle place était faite dans le roman à cet usage barbare, et n assistait-on pas à l'une de ces scènes cruelles, dont les Romains de ce temps ne se lassaient pas d'être témoins?
Autant d'incidents, de sujets piquants, variés, souvent tout nouveaux pour nous, dont la seule énumération suffit à montrer tout ce que le temps ou le hasard nous ont fait perdre en nous enlevant la plus grande partie du Satiricon^
1. Un titre, au début du chapitre cxxxii, fait supposer le récit d une intrigue d'Encolpe avec un jeune garçon nommé Endymion. — En dehors des sujets traités dans ce chapitre, j'aurais dû dire un mot de tout ce que l'auteur du roman a, volontairement ou non, passé sous silence. J'ai indiqué le fait (p. 58) pour les chrétiens et les Juifs. Mais il y a bien d'autres sujets qui ont été par lui oubliés, sinon écartés : nulle part un mot des affaires publiques. Le nom du Sénat ou des sénateurs n'est pas dans le Salirieon : car ce qui est dit : lxxxviii (p. 103, 1), est vague et banal. Quand il est question d'un forum, il faut entendre par là un coin de marché suspect. Les philosophes ne sont mentionnés que comme étant Fobjet d'une violente antipathie de la part de Trimalcion. Il n'est question d'un légionnaire (lxxxii) qu'à propos d'un vol d'armes. Le roman ignore donc également dans l'empire romain ceux qui gouvernent, ceux qui pensent, ceux qui travaillent : il se limite à la peinture d'un monde où l'on bavarde, où l'on court les aventures, où l'on festine, où l'on s'amuse.