‹ PétroneChapitre 89 sur 115 · P. 84, 13 : sensuyn leneviorem verborum ambitu intexere · texte numérisé non relu

P. 84, 13 : sensuyn leneviorem verborum ambitu intexere

3. Nous ne sommes pas peu étonnés de le voir user d une périphrase pour ne pas transcrire le nom de Soler {Annales^ XV, 71). — Il faut noter aussi que déjà Lucrèce avait cru devoir expliquer et traduire des mots comme craler (VT, 701) qï harmonia (111, 100, 131 et suiv.).

LA LANGUE ET LE STYLE DANS LE SATIIÎlCON i7i

Tout à côté de ces audaces, par un contraste piquant, on retrouve chez lui, de même que dans tous les auteurs de ce temps, les habitudes et comme un prolongement de la culture classique. Ce romancier novateur a le souci de ne pas perdre les ressources de l'ancien style ; de là tant de réminiscences des anciens chefs-d'œuvre, et ces allusions de tout genre 8L des passages fameux : aux œuvres de Virgile, d'Homère, des tragiques; et aussi aux grands faits, aux grands noms de l'histoire, qui, sans cesse présents à Tesprit de tous, sont cités ici couramment et souvent d'une manière plaisante ^

Nous avons vu combien le romancier accorde en même temps au goût nouveau. C'est à son influence qu'il doit probablement la plupart de ses défauts. A force de rechercher les oppositions de mots, les reflets d'expression, leurs scintillements, Pétrone tombe plus d'une fois dans le clinquant. Son style ne contient plus alors que paillettes et effets faux; ce serait son faible, et aussi certaine emphase {ventosa qiicedam loquacitasY qui finit d'ordinaire en sarcasme. Dans la recherche des effets, Pétrone, à mon sens, dépasse Tacite et va aussi loin que Sénèque. Chez lui, pour être vive et passionnée,

1. Ainsi, au chapitre xlvui, vers la fin, le Cyclope ; cv, la reconnaissance d'Ulysse; Lxxx, les frères ennemis {Thebamimpar); ix, Tarquin et Lucrèce, etc.

TexpressioTi épuise les ressources de la langue; elle accumule des exagérations que n'excuse pas toujours le caractère de celui qui parle.

Signalons encore, dans son style, une faiblesse qui ne se montre pas seulement dans la forme, mais qui intéresse aussi la composition et qu'il faut reconnaître sans ambages. On a essayé quelquefois de caractériser un écrivain par les mots qu41 affectionne et qui reviennent le plus fréquemment dans son style : à ce compte, il faudrait signaler dans le Satiricon l'emploi répété des mots niiinus eAmimicus. Il est certain qu'en vrai Méridional, Pétrone aime ce qui est de montre, vif, plein de gestes et de paroles ^ ce qui sent les planches, quand cela sentirait aussi la bouffonnerie et la farce-. On dirait souvent que les personnages qu'il met en scène se préoccupent surtout de bien jouer leur rôle, face au public, s'ils ne sont de trois quarts, et qu'ils attendent les applaudissements. Ici, une violente querelle se termine brusquement sur quelque vive répartie, sur un bon mot et un éclat de rire^, ce qui suffisait comme dénouement dans les mimes. Là, un personnage de second ordre imite les bouffonneries de la grosse farce'*. Gitbn feint, par deux

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