‹ Pétrone en FranceChapitre 18 sur 73 · Pclrequiii, ap. cil., p · texte numérisé non relu

Pclrequiii, ap. cil., p

2. Vie de Pierre Pithou, t. l", Paris, Cavelier, 1756, p. 222.

3. « Exslat autera magna ejus Satyrici pars in meo libro, cujus ego procacilatom et lasciviam privato carcere ita damnavi, ut tamen ejus copiam viris opiimis et amicissimis non negem, quam non ita dudura feci Errico Memmio V. C. et bonarum artium patrono. « {Adversaria subseciva, 1. ii, cli. 2.) Pithou avait également communiqué son manuscrit à Ronsard, à Antoine de Baïf, à Belleau, à Lambin. (Cf. Lambin, ad Horat. Epod. V.)

4. C'est sans vraisemblance que celte préface anonyme et sans date a été attribuée par Grosley à François Pithou, frère de Pierre {op. cit., t. I, p. 223).

tout ce que nous dit le grand saint Basile de l'utilité qu'on peut retirer des auteurs de ce genre? Oui, dis-tu, je m'en souviens et je l'approuve, mais il y a chez Pétrone tant d'ordures, d'obscénités, en un mot, une dépravation telle qu'il semble qu'à Lanipsaque même la police ne les tolérerait pas... Certes, et je ne saurais non plus louer cette indécence, malgré toutes ses grâces ; j'avertis tout le monde de se prémunir contre elle avec les plus minutieuses précautions ; je le crie aussi fort que je puis. — Je n'en permets la lecture qu'aux gens de bien ; qu'ils en usent à leur gré, mais qu'ils ne souffrent pas qu'il en corrompe d'autres. Quant à moi, j'atteste, j'affirme que mon dessein a été plutôt de publier l'arbitre de l'élégance latine que le Pétrone de Néron et de Silia. Et plût à Dieu qu'on pût pour l'avenir infibuler un auteur aussi lascif et salace; c'est peut-être ce qu'oseront ceux qui, pour me servir d'une expression de Plaute, donnent à « un bélier châtré » le nom de Pétrone. Mais pour moi il ne m'a pas plu de le mutiler, de lui enlever la vie en même temps que la virilité, accident qui arrive à de maladroits maquignons, quand ils pratiquent cette opération. Adieu, et tâche enfin de t'apaiser'. »

1. « Remitto ad te Peironium tuum, imo noslrum, imo jam omnium. Adjeci etiam, ut iracundia lua ingratissimo islo cumulo explori possel, notulas tuas. l'orfule ! inquies, et lo([ueris ! Poue tu polius

Le Pétrone de Pithou paraît en 1577 ' sous ce titre: Petronii Arh. Satyricon ex veteribus lihris emendatius et amplius. Lutetiae, ap. Mamert. Patissonium — in-12". La 2" édition, que l'on a prise longtemps pour la première, est de 1587: Petronii Arhitri Satyricon, adjecta veterum quorumdam poetarum cai'mina non dissimilis argumenti : in quibus nonnulla emendatius, alia nunc primum eduntur, cum notis doctorum virorum. Lutetiae, ap. ]Mamertum Patissonium, in-12*.

supercilium, atque nudi. Non meministi qu;L' Magnus Basilius fie utilitate ex Imjuscemodi scriptoribas capienda monet? Memini, ais, et probo. Sed Pelrouii obsccnilas, spurcitia et, ul, uno vorbo dicam, •nequitia ea est, ul ne Lampsaci quidem ferri publiée posso videatur.

Quamquam ego nec spurcitiam illam tam accuratam laudo :

et ut ab hac rcligiosc omncs caveant, serio moneo, et quantum possum, magna voce denunlio. Utanlur modo, fruanturque viri boni arbitratu, dum ne quid eorum culpa deterius flat. Ouod ad me attinet, lioc tester, lioc adfirmo id mihi potius aaimi fuisse, latinae elegantifê Arbitrum, quara aut Neronis, aat Sili;x' l'etronium edere. Atque ulinam tam salacem et venereum bominem omnibus postliac infibulare liceat ; quod forsilan ausuri sunt illi qui, ut Plau4i verbis dicam,

Petronii nonieu inducunt vervoci sectai-io. (( Mihi quidem cerle castrare non libuit, ne quod imperitis istis sectorilius et mangonibus accidit, simul et evirarem et occiderem. Bcne vale, atque irasci tandem desine. «

1. V. Pétrequin, op. cit., p. 116. — « Cette édition, quant à lajiartie typographique, est extrêmement jolie. La Bibliotlièque nationale en possède un exemplaire précieux, sorti de la bibliothèque de Jacques Mental et chargé à la marge de notes manuscrites de Jean Passerat. » (La Porte du Theil.)

2. En 1579, Claude Binet fait paraître à Poitiers un certain nombre de fragments poétiques, dont une partie, suivant lui, serait de Pétrone. « Petronii Aibilri itemque quorumdam veterum Epigram-

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Pithou eut à se féliciter de sa résolution, car son Pétrone fut accueilli par les jugements les plus favorables des érudits. Juste-Lipse en particulier lui adresse les louanges les plus flatteuses (Lib. V. Epist. XIX) — et proteste en même temps que la lecture de Pétrone est sans danger pour tout esprit chaste : « Je ne me trouve point offensé, dit-il, par cette corruption sans fard; son badinage m'amuse, son esprit me séduit; quant au reste, il ne laisse sur mon lime et sur mes mœurs pas plus de taches qu'une bar(|ue ne laisse de traces sur un fleuve \ »

Dès lors, le texte 'est mieux établi; les éditions vont se succéder rapidement ainsi que les commentaires. Jean Dousa (Van der Does) historien, poète et critique hollandais, néàNoordwyck,près Leyde, (1545-1604), qui fut gouverneur et défenseur de Leyde pendant le célèbre siège de 1574, publie en 1583 dans cette ville, chez Jean Paets, ses savantes corrections et ses observations sur le texte de Pétrone

mata liactenus non édita Cl. Binelus conquisivil et uunc primum Iiulilicavit. Piclavii, ex officina Bochetorum fratrum, pet. in-é". Binet avait trouvé ces pièces sur un manuscrit appartenant à la bibliotliéque de l'église de Beauvais. Mais, pour la plupart, l'atlribution à Pétrone est des plug douteuses. (Cf. Buccbelor, op. cit., p. XXXVI, et Pelronii fragmenta, ibid., p. 2. '2, sq.) Pctroquin pense même que ces épigrammes sont de la composition de Claude Binet.

1. « ... Nuda illa nequitia... nibil olTendor : joci me délectant, urbanilas capit : cœlera nec in animo, ncc in moribus mois magis labem rclinquunt quara olim in flumino vestigium cymba. »

sous le titre de: Prœcidanea^ (1 vol. in-S"). 11 les joint en 1585 à son édition du Satiricon, qui paraît en même temps à Leyde (ex offic. J. Paetsii, in-8") et à Paris, chez Guillaume Linocier, in-8". Voici le titre de cette dernière, qui sera réimprimée en 1586 chez le même Linocier : Petronii Arbitri viri cons. aatyric.^ longe quam antea tersius et eraendatius... Accesserunt Jani Dousse prsecidanea et Joan. Richardi notse, Lutetiae Parisiorum, apud Guilielmum Linocerium, 1585, in monte D. Hilarii, ad insigne vasis aurei, in-8°. Puis, vient l'édition de Jean Wouweren, dédiée à Joseph Scaliger, Lugd. Batav., ex ofiicina Plantiniana apud Franciscum Raphelengium, 1596, — ihid., 1604, in-12 et 1623, in-8" — Amsterdam, 1626, apud Guiliel. J. Caestum, in-24 de 288 pages, et Paris, chez Christophe Beys^, 1601, in-12.

La première édition du Pétrone de Paul Frellon, ainsi que Pétrequin en apporte la preuve ^, est de

1. Reproduits par Burmann daas son édition de 1709 : Jani Dousœ Nurdovicis pro Salyrico Pelronii Arhih'i viri. consularis jtrœcidaneorum libri lll. Fol. l à 59.

2. Chez Etienne Vallet, d'après VHistoire liuéraire de la France, par les Bénédictins, p. 204, t. I. V partie. Mais c'est une erreur. L'avertissement de l'édition do 1601 commence par ces mots : Cliristophorus Beys Typographus Lectorl S. D. Toutefois le nom de

Beys ne figure pas sur le titre: Petronii Arbitri Satyricon Edi-

tio nova. Lutetiae Parisiorum apud Johannem Februarium ju.Kta scliolam Remensem, 1601. Cf. La Porte du Theil, Manuscrit, t, I, p. 319.

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