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2. Avec un fronlisiiicc et un portrait du comtcrrOlivarès, auquel ! livre est dédié.

mière fois et remettra plus que jamais en vogue l'auteur du Satiricon.

Quelle a été, pendant cette période de près de deux siècles que nous venons de parcourir, l'influence de Pétrone sur notre littérature? Quels auteurs paraissent s'être inspirés de son esprit ? Par qui est-il cité et apprécié?

Au xvi*" siècle, nos grands écrivains parlent peu de Pétrone. Rabelais, et cela a lieu de surprendre, ne paraît pas l'avoir connu. Marot, quoi qu'en aient dit certains critiques, ne l'imite nulle part. Montaigne l'a lu, mais ne le cite que cinq fois. Il s'en faut, on le voit, que le Satiricon soit une de ces œuvres antiques dont la moelle a passé dans les Essais. Montaigne emprunte à Pétrone la formule du serment des gladiateurs (L. II, ch. 12. Sat., eh. 11), deux vers de la pièce du ch. 128 :

Animus, quod perdidit, optât Atque iu priBterita se totus imagine versât.

(Essais^ III, 5). Deux autres vers d'un fragment attribué à Pétrone (XXXIII, Buecheler, éd. de 1862. Essais, III, 9). Il reproduit, d'après Jean de Salisbury {Policrat.^ IHiS), cette maxime bien faite pour plaire à son scepticisme : totus mundus exercet histrioniam ' .

1. « La plupart de nos vacations sont farcesques : Mundus universus exercet histrioniam. » {Essais, III, lO).

36 PÉTRONE EX FRAXCE.

Enfin, en un passage où il descend jusqu'aux plus intimes confidences sur lui-même, il dit : « Il ne me souvient point de moy de si loing- : Et peult-on marier ma fortune à celle de Quartilla, qui n'avoit point mémoire de son fillage. » Cf. Pétrone, ch. 25 '.

Ailleurs, Montaigne rapporte, d'après Tacite, et apprécie avec quelque sévérité la mort de Pétrone. « ... Entre les hommes de peu, il s'en est trouvé, comme un Petronius et un Tigellinus à Rome, engagez à se donner la mort, qui l'ont comme endormie par la mollesse de leurs appretz : ils l'ont faicte couler et glisser parmi la lasclieté de leurs passe-temps accoutumez, entre des garses et bons compaignons ... etc. » (Essais. III, ch. 9.)

Dans le Moyen de 'parvenir, de Béroalde de Verville, Petronius est un des interlocuteurs du banquet'''; mais il ne tient aucun propos caractéristique et qui soit une réminiscence du Satiricon. On sait que Béroalde fait figurer à ce banquet bon nombre d'auteurs grecs et latins, sans se préoccuper de leur attribuer un langage conforme à leur caractère véritable. A tous indistinctement il prête ses contes obscènes et ses grossières gaudrioles.

1. Il se peut (ju'il y ait une allusion au même cliapitre de Pélrono, au livre I, ch. 22, des Essais: « Ce conte qu'une femme de village, ayant apprins de caresser et porter entre ses bras un veau, sq. »

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