Voir aussi le nouveau Menagiana (t. I, p
3 n Sainl-Évremond... appelé auprès de M. le Duc (Condé), reçut devant Allerheim un coup de fauconneau dans le genou ; et quand, a Pliilisbourg, au mois de septembre 164,5, après un terrible accès de tièvre chaude, Anguicn reprit connaissance, il vit couclié à côté de lui le lieutenant de ses gardes (Saint-Évremond était enseigne au régiment de Champagne). Cloué sur son lit, celui-ci pouvait tenir un livre, et tout le jour il faisait la lecture : Rabelais, d'abord que M. le Duc ne goûta guère, puis Pétrone, qui le divertit beaucoup : qu'on s'imagine Pétrone commenté par l'épicurien le plus rnlTiné du siècle ! » Duc d'Aumale, Histoire des princes de Condé. Paris, Calmann-Lévy, 1889, t. V. p. 42.
On a dit aussi, mais rien n'est moins prouvé, que Condé pensionnait un lecteur chargé exclusivement de lui expliquer le Saliricon, Galaup de Chasleuil, selon Pétrequiu.
4. Celte même année la question fut également discutée en un conseil de savants qui se tint à Venise chez le sénateur Grimani.
r)8 l'ÉTEOXE EN FRANCE.
de l'authenticité du nouveau fragment et assistait à leurs conférences \
Au nombre de ceux qui la révoquaient en doute, on doit placer l'oracle de la critique d'alors, Jean Chapelain . Sa correspondance " nous entretient de la découverte du fragment, des espérances qu'elle a fait naître, des déceptions causées par la brièveté d'un morceau qu'il juge d'ailleurs apocryphe. A ^I. lleinsius, 15 novembre 1663 : «Je viens de recevoir une lettre de ]\I. Medon qui a grande joye de la nouvelle du Pétrone, quoyque je ne la luy aye assurée que douteusement, dont ny vous ny moy ne voulions estre appelles en garantie. » (P. 337.) A M. lleinsius, 20 décembre 1663 : « Je doute tousjoiu's de la vérité de cette trouvaille du Pétrone, et, quand elle seroit véritable, je doute que l'Inquisition souffre qu'on l'imprime delà les monts. C'est un grand mal qu'il ait esté porté à Home plustost qu'à
1. La Porle du Tlieil (Manuscrit, t. I, p. 4U) a copié sur uni; ôditioa du Pélronc de Sclieffer apparlenaul à lu Bihliolhèque nalionale une pièce latine du P. Vavasseur, où il reproche à Condé d'avoir cru à l'aulhenticilé du fragment de ïrau. Le litre fait mention des conférences auxquelles celui-ci prit part : Vavassorii S. J. Ptri Epig?-amma de novo Fragmenlo, sive panno assulo purpurae Pc- Ironii. Ad Ludovicum Borbonium, Principem Condaeum qui, in conscssu eruditorum dignitateque illustrium vlroruni, censueral fragracritum novum non altcrius quam Pctronii.
Cf. Moréri. Art, Pétrone.
2. Lellres de Jean Chapelain, publiées par Tamizey de Larroque Imprimerie nationale, 1883, t. II.