Voir le Valesiana, p
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fragment de Trau devait être bientôt acceptée par l'immense majorité des savants et aujourd'hui elle ne soulève plus la moindre contestation.
On apprend aussi par la correspondance de Gui Patin, un grand admirateur de Pétrone, à quel point la découverte et la publication du nouveau fragment piquaient la curiosité des lettrés.
Il écrivait, le 12 septembre 1664, à Falconet^: « Le fragment de Pétrone n'est point encore achevé » , et le 17 octobre 1664 : « Il y a quatre mois que le fragment trouvé en Dalmatie et imprimé à Padoue est entre les mains de l'imprimeur des Jésuites, qui l'a enfin imprimé ; mais il s'est avisé... d'en avoir un privilège. J'ai peur que cela nous tienne encore longtemps, et ne nous empêche de lire une chose si curieuse, et même je ne sais si M. le Chancelier en voudra donner un privilège, se laissant épouvanter par ce nom de Pétrone, qui a dit tant de bons mots en sa vie. »
A diverses reprises, dans sa correspondance, Gui Patin proteste contre la cagoterie du siècle présent, qui est un obstacle à l'impression du Pétrone de J. P. Lotichius (Lettre à S])on-', 7 février 1648, t. I,
1. Ed. Réveillô-Parisc, t. III, p. 4.H-2. — Paris, .1. B. Bailliéic, 1816.
■2. Le mt'docin Jacob Spon, savant antiquaire lyonnais, (Hait allé voir à Trau môme le fragment de Pétrone récemment découvert. Il fut un de ceux qui contribuèrent le plus à en faire reconnaître rauthcuticité.
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p. 374; et Lettre à M. de Tournes, marchand libraire, 1'^ avril 1657, t. I, p. 263): « Il avoit eu le dessein de le faire réimprimer ici avec toutes ses augmentations in-folio ; mais je répondis qu'il étoit impossible, y ayant ici trop de moines, de jésuites et autres gens ennemis des belles-lettres, qui croiroient avoir gagné les pardons s'ils avoient empêché une telle impression. »
Plus d'une fois aussi, Gui Patin cite Pétrone (Lettre à Ch. Spon, du 18 novembre 1650, t. II, p. 59) :
Curia venalis, veaalis curia patrum. (Ch. 119. i
Au même (lettre du 23 février 1655, t. II, p. 150):
Quid faciant loges, ubi sola pecunia reguat'? Ch. 14.)
Reproduisons enfin un curieux passage d'une lettre qui nous montre Gui Patin faisant servir Pétrone à l'éducation d'un jeune homme. Le choix de l'auteur et du morceau est, on le reconnaîtra, d'une pédagogie fort aventureuse. (Lettre à Falconet, t. 111,
1. Cf. encore ibid., t. III, pp. 310 cl 534,, et Xaudwana et Paliniana (1703) p. 57. « Le nombre des médecins en France est si grand qu'il est plus aisé de rencontrer un médecin qu'un liomme, comme disait Pétrone à roccasion des Dieux des Romains » Cf. Salir, c. 17. Dans une lettre du 21 septembre 1666, t. III, p. 613, Gui Patin commet une erreur quand, à propos de Tanneguj- Lefebvre, il écrit : « Notre conversation fut fort mêlée, mais, comme a dit Pétrone, « erudito luxu. u Or cette expression est de Tacite qui l'applique, il est viai, à Pétrone.
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p. 129 ; 25 avril 1659.) « J'ai été voir M. le Sanier, qui fait tout ce qu'il peut pour votre fils et pour kfaire étudier diligemment. Aujourd'hui, avant midi, il est venu étudier avec moi; je lui ai fait lire dans les lettres de Plassac \ qui étoient sur ma table par hasard, un beau chapitre de cette bonne femme, dont le conte est si plaisant dans Pétrone : Mulier quœdam, Ephesi tam notœ erat pudicitice, etc., et après qu'il l'a vu en françois, je le lui ai fait lire en latin dans Pétrone même ; après, je lui ai dit qui étoit Pétrone, et que c'étoit que son livre qui nous reste, exempta dumtaxat ex magno opère, et sa mort, que je lui ai fait lire dans les Annales de Tacite, dont il m'a promis de lire le XV" et le XV T" livre des Annales, où il verra cette g-rande conspiration contre Néron, laquelle fut malheureusement découverte, la mort de Sénèque et enfin celle de Néron même ''.
« 11 a écrit de Petronio dans son cahier, et m'a dit qu'il étoit bien aise de savoir cette histoire de matrona îlla Ephesina. Je l'ai averti qu'il ne la faut jamais réciter en compagnie de ïemxnc&: ne aliqua ex mis, animal natura sua sxiperhum, serio indignetur. Voilà où nous en sommes. »