‹ Pétrone en FranceChapitre 44 sur 73 · Œuvres, éd. de 1726, t. I, p. 205 et suivantes · texte numérisé non relu

Œuvres, éd. de 1726, t. I, p. 205 et suivantes

2. Sous le titre de : Comédie galante de Monsieur de B., Cologne, Pierre Marteau (s. d.), pet. in-12 de 34 pages, il existe une pièce ignoble : La Comtesse d'Olonne, qui met on scène le comte de (iuiclie, atteint de la même défaillance qu'Encolpe, et qui est toute pleine d'obscènes parodies du Cid et de Plièdre. Mais celte pièce a été attribuée sans preuve à Bussy et parait être bien plutôt de P. de Corneille Blessebois, connu par ses écrits sotadiques et auquel conviennent aussi les initiales de B. (V. Catalogue de la Bibl. dramatique de M. de Soleinne par le bibliophile Jacob, 1844, t. II, n° 3â32, et Notice sur la .vie et les ouvrages de P. do Corneille Blessebois, par Éd. Cléder, 1857.)

3. Dans l'ouvrage obscène attribué à Choricr et qui fut édité vers 16G0, à Grenoble, sous ce titre: Aloisiœ Sigeœ Tolelanœ salira sotadica de arcanis amoris et veneris, Pétrone est nommé. Il figure à côté de Lucilius, Varron, Boccace, Arélin, Rabelais, etc., parmi ceux avec qui Aloisia s'entretient sous un orme touffu dans les Champs Élysées (Introduction). Le livre offre d'ailleurs peu de traces de l'imitation de Pétrone. 'V. t. II, éd. de 1770, p. 155. Fragmenta aliquot erotica, Elegia. Cf. Pétrone, cli. 132.) Il contient deux citations du Satiricon, Colloquium II et VII, p. 23 et 26, t. II.

<» PETROXE EX FRAXCE.

mande tant aux autres : il donne les plus belles règles du monde contre l'affectation, qu'il n'observe pas. Car il affecte jusqu'à la simplicité du style, où il n'est pas toujours naturel \

Guéret, dans La Guerre des autaurs anciens et modernes (Paris, Girard, traduit en français, 1671), fait parler Pétrone, qui débite en pai'ticulier toute la célèbre tirade du début du Satiricon contre les déclaraateurs". ]\Iais il paye cher quelques éloges : car il lui faut essuyer cette virulente apostrophe que Guéret prête à Juste Lipse : « Est-ce, lui dit-il, à cause qu'on vous appelle VArhiti^e de la politesse et de l'élégance, que vous tranchez ici du maître et du réformateur ? Est-ce parce que vous avez dix ou douze scoliastes qui défendent votre latin, que vous voulez abattre le portique de Zenon ? Songez plutôt que vous êtes un impie, qui profanez les Lettres par vos saletés; songez que les débauches du monstre des Empereurs, et peut-être même les vôtres, ne se lisent qu'avec horreur dans ce malheureux fragment, que la seule perversité des mœurs a fait passer jusqu'à nous, et ne réveillez point contre vos Satyres une indignation qui les a déjà mises en pièces, et qui

1. Ailleurs {Ré/Jexions sur l'Éloquence, p. fi, t. 11, éd. do 1725, Li Haye), il donne une cilation de PcHrone, « ce critique de si lion sens » : Nequo concipere, nequc cdere, etc. Sal., ch. ii8.

-'. P. 28 et suivantes.

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peut avec justice anéantir tout le reste avec votre nom. Si ma mémoire ne me trompe point, je pense avoir eu pitié de vous en quelque endroit de mes œuvres, je vous ai refait quelque période et rétabli quelque terme corrompu: je ne sais même si, me laissant emporter au torrent, je n'ai point donné quelque éloge à l'élégance de votre diction ; mais, quoi qu'il en soit, je rétracte aujourd'hui tout ce que je puis avoir écrit à votre avantage, et je veux qu'il soit rayé de mes livres. »

C'est ainsi que Pétrone occupait les esprits des lettrés et des gens du monde au xvJl^ siècle. La prétendue découverte de nouveaux fragments du Satiricon, qui fit grand bruit, allait provoquer sur son nom de très vives discussions et allumer parmi les savants une nouvelle guerre.

Par une lettre datée de Strasbourg le 12 octobre 1690, un officier français, Fr. Nodot, donnait avis à Charpentier, de l'Académie française, qu'il possédait une copie d'un manuscrit contenant des fragments inédits de Pétrone. Ce manuscrit, disait-il, avait été acquis en 1688 à Belgrade par Dupin, officier français au service de l'empereur, d'un renégat grec chez lequel il était logé après la prise de la ville : « Charpentier félicita Nodot de sa découverte le 0 novembre suivant. Beaucoup d'autres savants l'en complimentèrent, en appelant ces nouveaux

fragments un rare trésor : les poètes en célébrèrent aussi la découverte dans plusieurs pièces de vers latines et françaises \ » (Goujet, op. cit., VI^^p. 202.)

Le Pétrone contenant les nouveaux fragments parut d'abord sans nom d'auteur'-. Il est intitulé: T: Petronii Arh. eq. rom. Satyricon^ cuvi fragment is Albœ Grcecce recuperatis anno 1688, nunc demum integrum, etc. ; Rotterodami, typis Regneri Leers, 1G92, in-12, 280 pages.

Deux autres éditions latines succédèrent à celleci : 1° Titi Petronii Arhitri eq. rom. Satyric. cum t'ragmentis Albœ Grœcœ recuperatis anno 1688. Parisiis, apud Joanneiu Baptistam Langlois, in aula majore Palatii, ad insigne Angeli Custodis, 1G93, 1 v. in-12, 288 pages; 2" Titi Petronii Arhitri eq. rom. etc., Parisiis apud Thomas Moete, cum privilegio régis, 1G03', 1 v. in-12, 299 pages (7 ff., restitutiones et errata*).

(1) Voir enlic autres VEpigramma do Saiileuil : De Petronio reslitulo. l'iécos liminaires de l'édition de 1693,

• 2, Pour plus de détails, v. Pétrequiii, op. cit., p. llG sq.

3. L'erreur relevée par Pétrequin, p. 122, noie 60 (i683 au liuu (le 1693) n'exislc pas dans mon exemplaire.

4. On peut éiiuraérer encore, comme contenant les prclendus fragments de Belgrade, IV-dilion do 1700, .\mslerdam, avec les note.'; de Boscliius, de Rcinesius et de Sclicller, 2 vol. in-32, chez Jo. Mollen, et l'édilion do Jean-André Busius, léna, 1702, in-i2, sousce titre : Pelronius ab omni obscœnil'ile lihcralus, (id est castratus, ajoute la I\'olilia lilcraria de l'e'dilion Biponline;, cum brevibus nolix.

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La traduction française de Pétrone par Nodot suivit de près les éditions latines de 1G93. Elle n'est pas accompagnée du texte et porte ce titre : Traduction entière de Pétrone, suivant le nouveau manuscrit trouvé 'à Belo-rade, en 1688, avec les remarque-. Cologne, chez Pierre Groth, 1693, 2 vol. in-12, fig. Cette traduction est reproduite avec le texte l'année suivante : Pétrone latin et français , traduction entière suivant le manuscrit de Belgrade, en 1688, avec plusieurs remarques et additions qui manquent dans l'édition qui paroît depuis peu, 1694,2 vol. iu-8'', fig., sans nom d'imprimeur, ni de lieu (Grenoble, selon Barbier et d'Artigny). En 1694, Nodut fait paraître également une : Traduction de plusieurs pièces tirées de Pétrone suivant le manuscrit trouvé à Belgrade en 1688. Paris, Th. ^loete. La traduction de Nodot est réimprimée en 1698, en 1709', en 1713', en 1736 ' et enfin en l'an YIP, A partir de l'édition de 1709, elle porte comme épigraphe ce jeu de mots assez plat: Nodi solvuntuv a Nodo.

1. 2 vol. pet. in-s», fiar. (en Hollande') li. Paris, 2 vol. iu-12, figures.

3. Pétrone Min et français... avec plusieurs remarques et additions, qui manquent dans la première édition. Nouvelle édition augmentée de la Contre-critique de Pétrone. Amsterdam, aux dépens de la Compagnie. 2 vol. in-12, avec figures.

4. Pétrone latin et français, traduction entière, etc. Paris, che:-: Gide, libraire, place Saint-Sulpice, an Vil l'ii'.t'.ti, 2 vol. in-s», figures.

PÉTKONE EN FRANCE. 0

S-2 PKTKOXE EX FHAXCE.

Cette fraude littéraire souleva dans la république des lettres des polémiques passionnées. Parmi les critiques français, Basnage' et Claude-Ignace Breugière de Barante - furent des premiers à dénoncer la fraude ^ Pouvait-on, en effet, attribuer avec quelque vraisemblance à un auteur aussi élégant que Pétrone les impropriétés, les gallicismes, voire même les solécismes dont était émaillé le soi-disant manuscrit de Belgrade ? De même Leibnitz, dès la première nouvelle de cette découverte, est en défiance.

Dès 1G92, comme il l'écrit au l)ibliotliécaire de Florence, ]\[agliabeclii \ le numismate français Toinard lui demandait son avis sur la découverte ainsi que sur l'œuvre, et Leibnitz lui répondait : « Vereor ne tota illa res evanescat. Q.uanquam ea jactura non magna futura foret. Mallem Livium nobis, aut Tacitum inteo:rum dari. » A la date du 12-2l* avril 1G04,

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