‹ Pétrone en FranceChapitre 54 sur 73 · La cilalion est incxacle · texte numérisé non relu

La cilalion est incxacle

Quid facianl leges, ubi sala pecunia régnai ! {Sat., ch. 14).

nuel du libraire^ art. Pétrone) nous apprend que de cette édition incomplète il ne s'est conservé qu'un très petit nombre d'exemplaires. Le titre est : Titi Petronii Satiricon (absque nota), in-12" \

Renouard publie en 1796 le conte de la Matrone d'Éphèse: Apuleii... Psychés et Cupidinis amores... T. Petronii Arh. Matrona Ephesiaca, typis C. Crapalet, 1796, 8", tire à 90 exemplaires. (Peignot, Répertoire de Bibliographies spéciales. Paris, 1810.)

En 1797, le même Renouard imprime une édition de Pétrone sous ce titre : Titi Petronii Satyricon ex optimis exemplaribus emendatum. Parisiis, 2 vol., in-12. (Brunet, Manuel du libraire. Supplément.)

Dans les dernières années du xviir siècle, La Porte du Theil avait fait une édition de Pétrone, accompagnée de la traduction française et de commentaires. Imprimée en grande partie, elle était sur le point de paraître. Mais le baron de Sainte- Croix, ami et confrère de La Porte du Theil à l'Académie

1. On lit dans uni' iiolo de Tabaraud, à l'article Pétrone de !a Biuijraijliic Michaud, dont l'auteur est Gence .• « En 1795, un littérateur nommé Gallaul d'Amiens venait d'achever une traduction de Pétrone, avec commentaire, lorsque, se trouvant prévenu par le savant La Porte du Theil, qui avait aussi traduit et commenté cet auteur, il jeta au feu son manuscrit et se brûla la cervelle. » Pétrequin {oj}. cit., p. I54j démontre que c'est là un simple conte, de tout point invraisemblable, et que Tabaraud a confondu, de plus, les époques, en faisant vivre un siècle plus tard François fialaup de Chasteuil.

104 PÉTROXE EX FUAXCE

des inscriptions et belles-lettres, lui représenta vivement le danger d'un tel ouvrage, surtout, ajoutait-il, en ces temps de révolution et d'immoralité. Il céda à ces remontrances \ brûla une partie du manuscrit et fit mettre au pilon ce qui était déjà imprimé". On ne connaît que quatre exemplaires qui aient écliaj)pé à cette destruction '. La Bibliothèque natio-

1. Sa couscieuco n'ctaii pas d'ailleurs enticremenf rassurée sur l'opportunité de celle publication , comme le prouve le passage suivant de sa communicalion à l'Académie des inscriptions, relative à la traduction d'un passage de Pétrone :

« Je crains, à celle heure, ce à quoi dans le principe je n'avais point pensé. Il est absolument possible que l'on me blâme, et beaucoup ; non pas d'avoir, ou méconnu celle fois la faiblesse essentielle de mes moyens, ou perdu une portion de ceux dont j'ai pu en d'autres tem])S faire quelque usage supportable ; mais bien d'avoir elioisi, pour m'exercer encore dans la carrière des traductions, un auteur sur lequel jamais peut-être, mais surtout au déclin de mon âge, il ne pouvait m'èlre séant de travailler trop longtemps, et dont, à plus forte raison, il no rri'élail point convenable de rendre la lecture trop familière aux jeunes gens par une version attrayante. Or, si mon ouvrage allait être généralement envisagé sous ce point de vue, comment ne pas rougir d'avoir mal exécuté une entreprise, dont le projet eu soi-même aurait été un tort véritable, un tort, que la ])erfection de l'exécution eut pu seule alléger exlérieuremenl, bien que néanmoins elle l'eût encore foncièrement aggravé. » (Manuscrit, t. 2, p. 12.)

2. « On sait qu'effrayé du résultat de son travail, qui élait presque entièrement imprimé, et craignant que l'érudition n'y fùl préjudiciable aux bonnes mœurs, il brûla ensemble l'édition et le manuscrit. >) Notice historique sur la vie et les ouvrages de M. Dutlieil..., par M. Dacicr, lue à la séance publique de l'Institut, du ii> juillri 1816. (Extrait du Moniteur du 21 sept. 1816.) Cf. Histoire et Mémoires de l'Institut roijal de France. Académie des inscriptions et belles-lettres, t. V, i82i, p. 212,

Page 1