‹ Pétrone en FranceChapitre 57 sur 73 · Notice biographique sur Pétrone (fol. 105 à · texte numérisé non relu

Notice biographique sur Pétrone (fol. 105 à

2. Notes sur les auteurs qui ont mentionné le roman satyrique (fol. 138 à 203) ;

.'). Localisation du roman satyrique. Naples, phratries et gymnases, etc. (fol. 204 à 279)'';

4. Notes sur l'éloquence dans la Grande-Grèce (fol. 280 à 363);

/') Notes relatives au roman satyrique, lesquelles notes ont trait à l'épisode de la Matrone d'Éphèse (fol. 364 à la fin).

3° Le volume n" 20289 (528 feuillets) comprend :

a) Des notes sur la peinture dans l'antiquité, à propos du passage de la diatribe d'Encolpe sur les causes de la décadence de l'art oratoire. Nombreux extraits d'auteurs latins. Notes sur les insulœ de

1. C'est le texte latin imprimé dans le tome II de l'édition de La Porte du Tlieil, lequel contient aussi une partie des Observations qui suivent.

2. Ces questions sont traitées sous la forme d'une lettre adressée à Millin.

Naples ; sur la destruction d'Herculanura et Pompéi (fol. là 283)^;

b) Notes du président Bouliier sur le poème de la Guerre civile (fol. 284 à 324) ;

c) Notes diverses (fol. 325 à 528).

L'Avertissement au lecteur nous apprend les raisons qui ont guidé La Porte du Tlieil dans la disposition typographique du texte latin de son édition.

Il distingue, dans Pétrone, quatre parties : authenticam, genuinam, duhiain, supposititiam. 11 considère comme authentique tout ce qui se trouve dans l'édition princeps ; cette jDartie est imprimée en italiques.

Il tient également pour vrais les fragments ajoutés dans les éditions postérieures à 1577, d'après le manuscrit de Pithou, et qu'il imprime en caractères romains.

Les caractères romains désignent encore, mais cette fois avec des guillemets au commencement de chaque ligue, les fragments pi'ovenant du manuscrit de Trau, que La Porte du Theil appelle douteux.

Enfin, les fragments supposés, c'est-à-dire les additions de Nodot, sont imprimés en caractères minuscules, pour bien montrer le peu de cas qu'on en doit faire. Il eût été plus logique de les supprimer.

1. Les feuillets 75 à 8i sont extraits d'un travail sur Démosthène et paraissent avoir été intercah's par erreur.

110 PÉTROXE EX FEAXCE.

De la traduction de La Porte du Theil, nous ne pouvons juger que par un morceau de quatre pages inséré comme échantillon dans la lettre à Millin. Il semble que, plus consciencieuse, plus précise que les traductions antérieures, elle eût constitué un progrès, mais serait demeurée encore assez loin de l'exactitude rigoureuse qu'on doit exiger d'un traducteur. Ainsi, dès la première page, se présente un contresens. Piratas ciim catenis in littove stantes est rendu par ces mots : « Des pirates enchaînés sur la rive, » au lieu de : « Des pirates debout sur le rivage préparant des chaînes (à leurs captifs) ».

D'une plus grande valeur assurément sont les notes bibliographiques, philologiques, archéologiques, dont nous avons donné l'énumération sommaire. Elle permet de se rendre compte du nombre et de la variété des matériaux que La Porte du Theil avait rassemblés pour son édition.

« Plusieurs sont doubles ou triples... etquelques- « unes sont de petites dissertations sur les passages < qui lui ont paru les plus remarquables ou même « décisifs pour fixer déterminément l'opinion des gens « de lettres sur le temps ou le lieu où doit avoir été « composé le roman satyrique attribué à Pétrone ^ »

Telle est la principale préoccupation de La Porte

Lettre à Miliia {op. cit., p. 41)7).

PÉTRONE AU XVIir' SIECLE. 111

du Theil, et il faut reconnaître que sur ces deux points il n'est pas arrivé à des conclusions satisfaisantes. Les questions qu'il a traitées ont été reprises depuis avec plus de méthode, et il ne semble pas qu'il y ait à puiser dans ses notes des arguments nouveaux et probants. Il a le tort d'ailleurs de suspecter ceux qu'on peut tirer du fragment de Trau, dont il met en doute l'authenticité.

Il estime que Pétrone n'a pas pu écrire avant Hadrien :

« Il est constant que nombre de traits caractéris- « tiques du roman attribué à Pétrone se rapportent « à ceux qui distinguent le siècle des Antonins : la « fleur de style, l'invention des événements, une « attention marquée pour ce qui tient à l'astrologie, « qu'on appelait alors la science des mathématiciens, « des plaintes sur le mépris de la religion païenne, « des sarcasmes dirigés évidemment contre le chris- « tianisme '.

« Que si l'on cherche un auteur à qui l'on puisse « comparer celui du roman satyrique, on n'en trou- « vera point avec qui il ait plus de rapport qu'avec « Apulée. » (Manuscrit, t. 2, p. 113.)

La Porte du Theil va même jusqu'à penser

1. Je n'ai vu dans les noies de La l'orle du Theil aucune preuv( à l'appui de cette dernière atlirmation.

112 PÉTROXE EX PUAXCE.

qu'Apulée a précédé Pétrone, et que les Métamorphoses ont servi de modèle au Satiricon ! Hypothèse bien étrange et déconcertante, qui prouve une fois de plus qu'une profonde érudition peut ne pas s'allier au tact littéraire et au goût.

]\Iais, en revanche, cette érudition nous vaut, je le répète, une réunion de notes et de documents (|ui ont leur prix. La partie bibliographique de ce manuscrit reste en particulier fort utile à consulter. Elle atteste des recherches très consciencieuses et renferme nombre de renseignements, non seulement sur les éditions elles-mêmes, mais encore sur plusieurs des savants qui les ont données ou qui ont commenté le Satiricon.

Selon Chardon de la Rochette, un autre membre de l'Académie des inscriptions, Clavier, avait préparé une édition de Pétrone avec de courtes notes. La première moitié de ce volume in-S" était même imprimée '. Elle ne vit jamais le jour. Etait-ce encore un excès de pudeur académique qui avait

1. « l'n amalour éclniré, qui joint l'amabilité à dos connaissances fori êlendues, qui jouit à la fois du plaisir do l'étude ot do ceux lie la société, M. Clavier, nous donnera aussi une édition élégante de Pétrone, avec de courtes notes. La première moitié de ce volume in-80 est imprimée depuis longtemps, nous l'exhortons à terminer l'impression de la seconde. Nous y avons vu quelques passages lioureusement reslitués. » Chanlon de la Hocliette, Mélanges de criliqne el de philolorjie . Paris, 1812, t. I, p. 122 (article du Maij((sin encyclopédique, i798).

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retenu le futur beau-père de Paul-Louis Courier? C'est ce qu'on peut se demander avec Pétrequin.

En 1793, de Guérie traduit librement en vers le poème de la Guerre civile et imite les autres morceaux de poésie que contient le Satiricon. Il accompagne cette traduction de remarques sceptiques sur le Satiricon et sur son auteur \ La première partie de ces remarques avait paru dans le Magasin encyclopédique de ^Millin sous le titre de : Questions sceptiques sur Pétrone. C'est une dissertation sjjirituelle, où l'on trouve, à côté d'hypothèses hasardeuses et de quelques erreurs bibliographiques, des vues ingénieuses et justes.

La traduction de de Guerlc" est éditée de nouveau en 1816, à la suite de la Fharsale de Lucain, traduite par Amar, puis en 1821), dans les œuvres diverses de J.-N.-3[. de Guérie. Elle est reproduite par son beau-fils, Héguin de Guérie, qui la comprend dans sa traduction complète du Satiricon (collection Panckoucke, 1834), réimprimée chez Garnier en 1861, avec les Remarques sceptiques sur le Satiricon.

1. La Guerre civile, poème: traduction libre de Pétrone, ornée du texte latin et suivie de recherches sceptiques, tant sur la satyre de Pétrone, que sur son auteur, par Jean-Nicolas- Marie Deguerle, membre de la Société libre des sciences, lettres et arts de Paris. Paris, 1798, in-S", de vi et 163 pages.

2. Voir sur cette traduction l'article précédemment cité de Chardon de la Bocliette, Mélanges de critique et de philologie, t. I, p. 411 sq.

PÉIKONK EN FllVSCii. 8

114 PÉTUOXE EX FKAXCE. '•

Dans la dernière année du xvin" siècle, l'apparition d'un nouveau fragment supposé du Satiricon rappela pendant quelque temps l'attention sur Pétrone. José Marchena, littérateur et traducteur espagnol, réfugié en France, était en 1800 secrétaire de Moreau à l'armée du Rhin, quand il lui prit la fantaisie de composer en latin un morceau erotique qu'il publia sous ce titre : Fragmentum Petronii ex hibliothecce Sancti Galli antiquissimo nis. excerptum, nunc primum in lucem editum; gallice vertit ac notis perpetuis illustravit LaïLemandus , sacrœ theologiœ doctor, 1800; petit in-8" de 75 pages (sans nom de lieu, mais imprimé à Baie) '. Ce fragment comble la lacune du chapitre 26. C'est dire que le sujet était (les plus scabreux et, de plus, des notes licencieuses accompagnaient un texte déjà suffisamment osé ". Cette mystification fit un certain nombre do dupes

1. I{enô Alby, auteur de l'iirlicle Marchena dans la Biographie Micliaud, rapporte l'anecdote suivante: « Pendant son s;'.jour à Bàle Marchena avait composé une chanson fort leste qui lui attira une sévère réprimande de la part de Moreau. Pour se disculper auprès du général, il assura que celte chanson n'était qu'u le traduction d'un passage de Pétrone encore inédit, et deux jours après il présenta au général un fragment qu'il disait avoir extrait d'un manuscrit fort ancien de la bibliothèque de Saint-Gall. »

•>. V. Curiosités littéraires (Paulin, 1845, in-l8).

M. Baillard (Irad. de Pétrone, CoUect. Nisard) a eu l'idée singulière de reproduire la traduction du fragment composé par Marchena, afin de remplir la lacune de son auteur. C'est ce qu'il a fait aussi pour les fragments do Nodol.

parmi les savants \ jusqu'au jour où Marchena lui même avoua l'imposture. Mais la polémique sur ce sujet fut bien loin d'avoir la durée et la vivacité de celle qu'avait suscitée le Pétrone de Nodot'-.

1. Au dire de Brunet (Manuel du libraire), un rédacteur de la Gazelle d'iéna, entre autres, s'y trompa.

2. D'après Tabaraud (article Pétrone, de la Biographie Michaud), un autre pastiche du Satiricon se trouve dans le Gentleman's Magazine, 1785, t. I, p. 175,

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