‹ Pétrone en FranceChapitre 59 sur 73 · Gand, Vandci-liaigen · texte numérisé non relu

Gand, Vandci-liaigen

Un livre fort intéressant et bien au courant des plus récents travaux est celui de M. Emile Thomas : Pétrone (Paris, Fontemoing, 1901), réédition, enrichie de chapitres nouvea-ux, de : L'Envers de la Société romaine d'après Pétrone (Paris, Hachette, 189.2) \

C'est au xix*" siècle qu'il a paru en France le plus de traductions de Pétrone. Nous ne nous arrêterons pas à celle de Durand '", qui, comme celles de ses prédécesseurs, pèche surtout par le manque d'exactitude. Si la traduction d'PIéguin de Guérie (collection Panckoucke, 1834) se recommande par une certaine vivacité de style, elle prête néanmoins, quoique peut-être dans une mesure moindre, aux mêmes critiques que les traductions antérieures. En tâchant, comme il le dit dans son Avertissement, « que sa fidélité n'eût rien de servile », il s'est à l'excès émancipé du sens littéral et, « en palliant les défauts de l'original (sic) », il a pris une peine dont son auteur l'eût volontiers dispensé.

1. Voir aussi mon Élude sur Pétrone. (Paris, Hachette, iSDsil, qui traite surtout de la critique littéraire, de l'imitation et de la parodie dans le Satiricon.

2. Satire de Pétrone, chevalier romain, nouvelle traduction par

le citoyen D , suivie de considérations sur la Matrone d'Éphèse,

et d'un conte chinois sur le même sujet. Paris et Avignon, Bcrtrandet, 1803. 2 vol. in-S".

En 1835, J.-B. Vincent Pirault des Chaumes terminait une traduction de Pétrone demeurée inédite \ Elle est en prose mêlée de vers et ne distingue pas plus que les deux précédentes les additions de Nodot du texte authentique. Plus fidèle que celle de Durand, elle laisse encore bien à désirer au point de vue de l'exactitude et, à cet égard comme à d'autres, reste même inférieure à celle de de Guérie. L'auteur s'en est lui-même rendu compte, puisqu'il annonçait (p. 2G6) que, si la traduction d'Héguin de Guérie lui donnait satisfaction, il s'abstiendrait de faire paraître la sienne.

Dans ses Observations, il conclut que Titus Petronius Arbiter est vraisemblablement le C. Petronius de Tacite; mais il incline à penser que l'œuvre est la satire des mœurs de Claude. 11 défend avec vivcicité Pétrone contre le reproche d'impudicité :

P. 241 . « On a fait à cet ouvrage le reproche d'être

1. Le mamiscril autographe, tloiil j'ai pu avoir coiuinuuicatioii, faisait partie do la Bibliothèque d'Ed. Bouuaffé, et a été acquis par un bibliophile lorrain. N» 342 du Catalogue de la vente Bonnaffé, ainsi décrit: Pétrone, Le Salyricon, traduction nouvelle par J.-B. Vincent Pirault des Chaumes, ancien avocat, nd à Paris en 1707, in-4" de 277 pages ; précédée d'un Examen impartial des opinions sur Pélrone, suivi de quelques observations sur le Salyricon et d'un aperçu de la manière dont quelques-uns de ses imitateurs l'ont reproduit dans notre langue, p. 216-266 du manuscrit, avec une table alpliabétique des matières.

Pirault des Chaumes a traduit aussi diverses œuvres d'Ovide, etc. Il est mort en 1838.

licencieux. Martial et Jiivénal ont le droit de se l'approprier comme Pétrone, et les formulaires de la confession, à l'usage de l'Egltse romaine, y ont encore un droit mieux acquis. Eh ! comment ne paraître point licencieux en décrivant des mœurs infâmes? Eh ! comment en imprimer l'horreur, si on ne les décrit pas?... Pétrone l'a-t-il fait avec esprit? Oui. Avec finesse ? Oui. Avec goût? Oui. Avec décence? Oui. Les a-t-ii blâmées ou châtiées dans son ouvrage ? Il les a blâmées. 11 n'a donc pas mérité qu'on l'accusât d'impudicité. »

La traduction de Pétrone par Paillard ^ dans la collection Is» isard (Dubochet, 1842) est plus précise et plus élégante que celles de ses devanciers. Mais elle a été faite sur les mêmes textes défectueux, avant la recension de M. Buecheler.

Une traduction de Pétrone par un écrivain doublé d'un érudit serait une chose fort désirable. Celle qu'a donnée en 1902 M. Laurent Tailhade (Paris, Fasquelle), malgré de réelles qualités, ne me paraît pas cependant avoir supprimé ce desideratum'-.

Mentionnons encore la traduction de sept pièces de vers choisies de Pétrone, avec Introduction, par

1. Né à Nancy ea 1799, mort en 1860. A aussi traduit Sénèque. La Bibliothèque municipale de Nancy possède un exemplaire de sa traduction de Pétrone, avec dos corrections de sa main.

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