Op. cit., p. 143, A
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crétion de termes heureusement choisis, voiler la crudité des tableaux. D'autre part, les érudits ont mis de plus en plus en lumière le grand intérêt que présentent pour l'étude des mœurs romaines de la décadence les peintures de cet observateur narquois et perspicace'. Finalement, on a cessé de lui contester la place qui lui est due parmi les écrivains les plus originaux de Rome , non loin d'Horace, auquel l'apparentent de réelles affinités.
Quant à son influence littéraire, si elle ne s'est pas manifestée en France d'une manière très directe, pour les raisons que j'ai dites, elle ne s'en est pas moins fait sentir chez un certain nombre de nos auteurs. Au xvii" siècle surtout, Pétrone a contribué à donner à notre littérature galante un cachet d'élégance el de politesse.
]S;os conteurs ont retrouvé chez lui quelques-unes de nos plus précieuses qualités, la linesse de l'observation et la précision parfois toute réaliste du rendu, le tour alerte et humoristique du récit, le pittoresque de l'expression, la piquante vivacité et la variété du style. Volontiers même, en raison des traits de ressemblance de son esprit avec l'esprit français ,
1. Rappelons aussi que la conversation des afErancliis fourait aux philologues un texte des plus précieux pour l'étude du sei'mo plebeius et que les folkloristes trouvent dans le Satiricon do curieuses traces des vieilles superstitions populaires.
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notre histoire littéraire se l'annexerait. Au surplus, les bénédictins ne l'ont-ils pas revendiqué comme nôtre ^, en se fondant sur des vers assez énigmatiques de Sidoine Apollinaire? Ce n'est qu'une hypothèse, mais bien tentante, ainsi que l'écrivait naguère l'auteur d'une traduction anglaise du Festin de Trimalchlon, publiée à New -York ^ Elle ferait de Pétrone le compatriote, comme il est l'ancêtre, de nos maîtres en l'art du conte et de la nouvelle, de ]\[érimée, de Flaubert, de Guy de Maupassant et d'Anatole France ^