‹ Pétrone; l'envers de la société romaine et études diversesChapitre 106 sur 128 · Notre Satiricon n'est certes pas expurgé · texte numérisé non relu

Notre Satiricon n'est certes pas expurgé

caprices littéraires. Le Satiricon était trop long à leur gré : ils l'ont réduit chacun suivant son goût personnel, suivant les préférences du moment, au hasard de la lecture. En fait, rien de plus irrégulier que le roman dans la forme qui nous reste : tantôt le texte paraît conservé presque intégralement ; tout à côté on devine de fortes lacunes et un choix fait comme au hasard : ici de longs poèmes : là seulement de petits vers; ici des traits^, des expressions qui ont paru curieuses, l'indication d'une situation piquante; un long discours, toute une tirade; là une phrase à peine ou quelques phrases séparées, souvent sans aucune liaison, ou réunies, et cela est pis, par des liaisons artificielles comme celles qu'emploient les scoliastes ^

Pouvons-nous entrevoir les préférences du principal abréviateur ? C'était sans doute un lettré, sans quoi nous n'aurions plus les vers et les anecdotes qui avaient été intercalés dans le roman. Nous no voyons pas qu'on puisse relever chez lui aucune trace des préjugés du temps, ou qu'on puisse croire qu'il n'était qu'un gratteur de syllabes, archaïsant ou puriste. Tout au moins a-t-il eu le mérite de goûter et de nous conserver quelques jolis contes.

Le roman lu à ce point de vue, quelle distinction ferions-nous entre ses diverses parties? Il est

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